Le blogue: juillet 2008

Un espace de discussion sur le journalisme indépendant et l’AJIQ, sur les hauts et les bas du métier, ses bouleversements et son avenir.

 

17 juillet 2008

Écrire en anglais? Oui, mais…

par André Dumont


« Go West, young man. » Devant la taille du marché des publications au Québec, j'ai plutôt tendance à vouloir suivre ce conseil. Mais est-ce si facile que Jean-Benoît Nadeau semble vouloir nous le faire croire?

Je n'admire pas particulièrement la plume de Jean-Benoît Nadeau, mais j'ai plutôt tendance à adhérer à sa façon de voir la pige en journalisme comme une business. On n'est pas né pour un p'tit pain et si on veut devenir big, il faut sortir du Québec. Et autour du Québec, ça parle anglais.

Un Québécois francophone peut-il aspirer à écrire en anglais? Tout à fait! Par contre, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Pour arriver à un niveau d'écriture publiable, il faut que d'une manière ou d'une autre, l'anglais fasse partie de sa vie.

Dans mon cas, je vous le révèle d'emblée : je suis né en Ontario. Mes parents interdisaient l'anglais à la maison. De la maternelle à l'université, tout en français. J'ai appris l'anglais à partir de la 3e année, entouré de mes petits amis de la ville qui étaient déjà bilingues à 8 ans.

Pour me mettre à l'écriture en anglais, j'ai d'abord pris quelques cours à Concordia. Après deux sessions, j'ai contacté un journal communautaire anglophone, qui a accepté mes services. À force d'écrire de deux à cinq articles par semaine, ma plume s'est beaucoup améliorée et accélérée. Un an plus tard, j'ai osé (avec succès) mes premiers pitches auprès de magazines canadiens-anglais.

Dans mon cercle de collègues pigistes, une seule écrit aussi en anglais. Elle a été traductrice pendant 11 ans. Les subtilités de la langue, elle connait. Quant à Jean-Benoît Nadeau, il partage sa vie avec une journaliste anglophone.

Je suis persuadé que tous peuvent écrire en anglais. C'est une langue simple, porteuse d'une culture journalistique très dynamique. Mais attention : entre écrire quelques courriels et publier dans le Globe and Mail, il y a un grand pas à franchir. Trouvez-vous de l'aide, mettez-y le temps qu'il faut et foncez!

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05 juillet 2008

Gare au paiement sur publication

par André Dumont


« Nous payons sur publication. » Lorsqu'un éditeur vous sert cette réponse, méfiez-vous! Le paiement sur publication comporte son lot de pièges et d'idées préconçues.

À la base, cette façon de payer les pigistes ne devrait même pas exister. Pourquoi y aurait-il un lien avec la date du paiement et la date à laquelle un média choisit de publier votre matériel?

En général, un produit ou service est payé au moment de la livraison ou dans les trente jours suivants. Si vous faites livrer un meuble de chez IKEA, vous n'avez pas l'option de le payer que lorsque vous aurez enfin trouvé le temps de l'assembler.

J'en conviens, dans plusieurs journaux, le paiement sur publication ne pose aucun problème. Les articles sont publiés dans les jours qui suivent leur livraison et le paiement suit.

Quand la publication d'un article est repoussée ou qu'il est carrément mis en banque, cela devient délicat. Le pigiste peut alors demander à être payé. Dans mon cas, tous les journaux pour lesquels j'ai travaillé acceptaient de me rétribuer dès qu'il s'avérait qu'une publication serait reportée.

Si vous travaillez pour des magazines, il faut carrément refuser d'être payé sur publication. Pourquoi devoir attendre deux, trois, ou même six mois avant d'envoyer sa facture? Heureusement, au Québec comme ailleurs, la plupart des éditeurs de magazines traitent volontiers votre facture dans les jours suivant la livraison de l'article.

Publié ou pas, faut payer!
Dans aucun cas le paiement sur publication ne signifie que votre client se réserve le droit de payer que s'il décide de publier. Il n'est pas rare de rencontrer des pigistes à qui on a dit : « Finalement, on ne publiera pas ton article ». Ah oui? Eh bien, il faut verser un kill fee.

Le concept du kill fee existe spécifiquement pour ces articles qui ont été commandés et livrés, mais qu'on décide de ne jamais publier. Cependant, il doit avoir été spécifié au moment de la commande ou dans un contrat signé par les deux parties. Sinon, à mon avis, un article non-publié doit être payé en entier.

Un client peut refuser de payer un article que s'il arrive à démontrer clairement qu'il ne correspond pas à la commande ou au niveau de qualité attendu. Autrement, il doit acquitter vos factures avec la même diligence que celles d'un avocat ou d'un plombier.

Et vous, que pensez-vous du paiement sur publication?

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