Un espace de discussion sur le journalisme indépendant et l’AJIQ, sur les hauts et les bas du métier, ses bouleversements et son avenir.
Le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM-CSN) dépose une plainte à la Commission des relations du travail pour contester l'utilisation de briseurs de grève au Journal de Montréal.
On souligne entre autres les contrats dénoncés par l'AJIQ au cours de la dernière année, notamment dans le cas de l'hebdomadaire Ici :
(...) Le STIJM déplore que Quebecor Media utilise à leur insu le travail de journalistes et de pigistes pour alimenter le Journal de Montréal. Ce faisant, elle les transforme contre leur volonté en briseurs de grève."Le contrat que tente de faire signer Quebecor Media aux journalistes-pigistes est tout aussi immoral que le recours aux scabs, a poursuivi Raynald Leblanc. En agissant ainsi, elle abuse de la position privilégiée qu'occupe l'empire au Québec en leur demandant de lui céder leurs droits d'auteur, mais aussi leurs droits moraux pour la planète entière, et ce à perpétuité. C'est le comble de l'indécence." (...)
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Rapport du président, 26 mars 2008 – 18 mars 2009
L'année 2008-2009 aura certainement été l'une des plus actives, dans l'histoire de l'AJIQ. Malgré le profond déséquilibre des forces dont les journalistes indépendants continuent de souffrir, malgré aussi la crise économique en général et les problèmes de la presse en particulier, l'AJIQ a continué à faire progresser plusieurs dossiers, en plus de lancer divers projets qui ont tous comme objectif de permettre à l'Association de toujours mieux remplir son mandat: défendre et promouvoir les journalistes indépendants québécois, leur travail et leurs conditions de vie.
Voici un bref tour d'horizon des activités qui ont animé l'AJIQ au cours de cette dernière année.
Conseil d'administration 2008-09
Rappelons que lors de la dernière assemblée générale annuelle, tenue au Centre Saint-Pierre le 26 mars 2008, les membres de l'AJIQ ont réélu sept membres sortants du conseil d'administration: Raphaëlle Derome, Cécile Gladel, Stéphanie Lalut, Nicolas Langelier, Lisa Marie Noël, Joanna Prime et Marie-Josée Richard. Quatre nouveaux administrateurs se sont aussi ajouté : André Dumont, Maxime Johnson, Sophie Massé et Lise Millette.
J'ai été réélu à la présidence pour un deuxième mandat, tandis que les postes de vice-présidentes ont été accordés à Raphaëlle Derome, Cécile Gladel, Stéphanie Lalut et Marie-Josée Richard.
En mai, Joanna Prime a présenté sa démission à titre d'administratrice. En novembre, c'était au tour de Sophie Massé. En février, le conseil d'administration a coopté Christian Leduc pour combler l'un de ces deux postes vacants.
Les membres du conseil d'administration se sont réunis chaque mois de l'année 2008-2009, sauf juillet. Les opérations courantes étaient les suivantes : traiter les adhésions et les renouvellements; payer les factures; éditer le bulletin de liaison L'Indépendant; mettre à jour le site Internet de l'AJIQ; faire circuler des offres de piges et autres messages d'intérêt général sur la liste de discussion; organiser des 5 à 7 (puis des 6 à 8); répondre aux courriels et aux messages téléphoniques; réagir à quelques situations d'urgence, et autres tâches liées à l'administration.
De plus, de nombreux autres projets se sont ajoutés à ces tâches. J'y viendrai dans un instant.
En date d'aujourd'hui, l'AJIQ compte 108 membres en règle.
Organisation de l'AJIQ
Une de mes priorités, depuis mon arrivée à la présidence il y a deux ans, a été de mieux structurer l'AJIQ. Plusieurs comités ont ainsi été créés depuis ce temps. Au cours de l'année 2008-2009, les comités actifs étaient les suivants (responsable): Stratégie (André Dumont), Communication (Cécile Gladel), Services aux membres (Stéphanie Lalut), Événements spéciaux (Lise Millette), Financement (Joanna Prime, puis Maxime Johnson) et Recrutement (Lisa Marie Noël). Raphaëlle Derome a été nommée trésorière pour une deuxième année, et Marie-Josée Richard a agi à nouveau comme secrétaire.
Ces comités se sont chargé des différentes activités de l'AJIQ au cours de l'année.
Stratégie
Le comité stratégique (composé d'André Dumont, Sophie Massé, Lise Millette et moi-même) a vu à la mise en application du plan stratégique 2007-2010, élaboré et adopté par le conseil d'administration l'an dernier.
Je rappelle que ses trois objectifs prioritaires sont:
1) Règlement du recours collectif;
2) Mise sur pied d'une campagne pour des tarifs équitables;
3) Obtention d’un statut légal pour les journalistes indépendants.
Du côté du recours collectif de 30 millions$ contre les principaux éditeurs québécois, les choses ont bougé, sans cependant que des ententes soient conclues. Une séance de médiation avec les éditeurs visés par le recours a eu lieu en octobre dernier, mais n'a pas donné de résultat concret. Des négociations hors cours se sont cependant poursuivies par la suite avec l'un de ces éditeurs. L'audience devant juge qui devait avoir lieu en octobre dernier a été repoussée au 10 et 12 mars, puis au 27 mars 2009.
L'AJIQ a par ailleurs contacté à trois reprises la direction du Devoir, qui ne semble pas respecter certaines conditions de son entente légale avec l'AJIQ en marge du recours collectif. Le Devoir n'a toujours pas manifesté son désir de coopérer.
L'idée d'une campagne pour des tarifs équitables a été mise sur la glace pour le moment, afin que nous puissions consacrer nos efforts sur nos autres priorités.
En ce qui a trait à l'obtention d’un statut légal pour les journalistes indépendants, l'AJIQ y a consacré beaucoup d'efforts en 2008-2009, après quelques années de suspend. En particulier, en octobre dernier, j'ai rencontré la ministre de la Culture et des Communications, Christine Saint-Pierre. Je lui ai remis un mémoire de l'AJIQ sur la nécessité d'accorder aux journalistes indépendants le droit à la négociation collective. Sans déboucher sur des résultats concrets dans l'immédiat, cette demande a cependant été bien accueillie.
Outre ces aspects, du point de vue stratégique, l'année a été marquée par plusieurs situations où des journalistes indépendants se faisaient imposer des contrats abusifs: Gazette des femmes, hebdomadaire Ici, TVA Publications, Perspective Infirmière, Passeport Santé, Journal du Barreau, etc. Dans la plupart de ces cas, l'AJIQ est intervenue directement et/ou publiquement afin de faire respecter les droits des journalistes indépendants. Dans certains cas, comme au Ici, nous avons de plus incité la mobilisation des pigistes, organisant plusieurs réunions et rencontres d'information. Les efforts de l'AJIQ ont été reconnus médiatiquement, et ont permis dans certains cas aux journalistes indépendants de faire des gains. Mais le problème fondamental reste le même: sans pouvoir de négociation collective, les journalistes indépendants sont livrés à eux-mêmes face aux grands groupes de presse.
De plus, le conflit de travail au Journal de Montréal a une fois de plus mis en évidence la nécessité d'établir des ponts entre les journalistes indépendants et les syndicats de journalistes salariés. À cet effet, j'ai d'ailleurs eu plusieurs discussions avec le Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse, qui a manifesté son ouverture à unir nos forces. Récemment, une rencontre a également eu lieu entre l'AJIQ et la direction du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal.
Mentionnons finalement que l'AJIQ a profité de cette année pour rétablir et renforcer ses liens avec la Fédération nationale des communications et la CSN. Une entente pour le remboursement de la dette de l'AJIQ a de plus été signée.
Financement
L'AJIQ a continué cette année de s'attaquer à cet aspect essentiel à sa lutte. Des efforts particuliers ont été mis du côté de la recherche de subventions. Cette recherche a porté fruit dans le cas du Répertoire et des Grands prix du journalisme indépendant.
D'ailleurs, ce dernier événement a été lancé cette année avec comme objectif primordial de devenir une source de financement pour l'AJIQ.
Grands prix du journalisme indépendant
Depuis l'été dernier, l'AJIQ travaille fort à la production de la première édition de ce nouvel événement, qui se tiendra le 4 juin prochain. Jusqu'à maintenant, l'expérience semble concluante: l'intérêt des journalistes est là, le nombre de candidatures semble très intéressant pour une première année, et le succès financier de l'opération semble sur le point d'être assuré.
Cet événement donnera une visibilité sans précédent à l'AJIQ et permettra la valorisation et la célébration du travail des journalistes indépendants québécois.
Communications
Des efforts particuliers ont continué à être mis afin d'améliorer les communications de l'AJIQ, que ce soit avec ses membres, le public ou les médias. Le plus gros morceau a sans doute été la refonte complète de l'infolettre L'Indépendant, désormais envoyée deux fois par mois et grandement améliorée, d'un point de vue graphique. Notons aussi la systématisation de la production et diffusion de communiqués, et les efforts pour animer le site Internet et être actif sur Facebook.
Processus d'adhésion et de renouvellement
L'AJIQ a continué cette année de travailler à l'amélioration du processus d'adhésion et de renouvellement de ses membres. Dorénavant sous la charge de Lisa Marie Noël, il nous permettra au cours des prochains mois d'augmenter notre efficacité et d'éviter de perdre des membres par manque de suivi au niveau de la sollicitation.
Répertoire des journalistes indépendants
Tout au long de l'année, l'AJIQ a travaillé à la conception d'un Répertoire réservé aux membres de l'Association et accessible à tous, donneurs d'ouvrage inclus. Menée par Lisa Marie Noël, la phase I de ce projet a trouvé son aboutissement aujourd'hui, avec la mise en ligne du Répertoire, qui devient ainsi un nouveau service exclusif offert à nos membres, et devrait nous aider dans nos efforts de recrutement et de rétention de ceux-ci.
Programme d'assurances à prix réduit
En cours d'année, l'AJIQ s'est associée à Pro-Vie Assurances, un courtier en assurance, afin de pouvoir offrir à tous ses membres un ensemble de couvertures à prix compétitifs.
En plus d'accroître l'offre de services de l'AJIQ, cette entente aura pour effet d'améliorer les efforts de recrutement de l'Association, puisque Pro-Vie est très déterminé à contacter des journalistes et recherchistes, membres ou non, afin de les informer de ces rabais accessibles aux membres de l'AJIQ.
Activités sociales
Des efforts ont été mis cette année afin de faire de nos 5 à 7 (puis 6 à 8) mensuels un événement social incontournable dans le milieu du journalisme. Si ces événements s'avèrent bien fréquentés chaque mois, nous n'avons pas encore réussi à y intéresser une quantité importante de journalistes salariés. Le travail se poursuit.
Notons qu'en septembre, l'AJIQ a aussi tenu son premier 5 à 7 à Québec, en collaboration avec la FPJQ-Québec. Le conseil d'administration en est revenu plus convaincu que jamais de la nécessité de mieux rejoindre les membres vivant à l'extérieur de Montréal.
Par ailleurs, soulignons le succès du souper de Noël de l'AJIQ, tenu au restaurant La Caverne russe, et qui a affiché complet.
Activités de formation
L'AJIQ a été très active cette année dans le domaine des activités de formation, afin entre autres de pallier à l'abandon du congrès annuel de l'Associtation. Menées par Raphaëlle Derome et André Dumont, ces activités ont attiré plusieurs membres à chaque fois, en plus de contribuer à faire connaître l'Association.
Copibec
En juin dernier, à l'assemblée générale de Copibec, j'ai été réélu comme représentant des journalistes indépendants au conseil d'administration de Copibec. Cela a l'avantage de favoriser les liens entre le conseil d'administration de l'AJIQ et la direction de Copibec. Les journalistes indépendants inscrits à Copibec ont récemment reçu leur chèque pour le forfait 2009.
Bourse AJIQ-Le Devoir
En décembre dernier, nous avons lancé la campagne pour la bourse AJIQ-Le Devoir 2009. Le jury est composé de Paul Cauchon et Dominique Reny du Devoir, Maxime Johnson et Stéphanie Lalut de l'AJIQ, et est présidé par Jean-Hugues Roy, de Radio-Canada. Il devra examiner une trentaine de candidatures, un nombre plus élevé qu'au cours des dernières années.
Tournée des écoles
L'AJIQ a poursuivi sa tournée des classes de journalisme pour sensibiliser les étudiants aux réalités de la pige et faire connaître l'Association. Des classes ont été visitées à l'Université de Montréal, à l'UQAM, à l'Université Concordia et à l'Université Laval.
Ce bilan de l'année 2008-2009 serait incomplet sans souligner la contribution exceptionnelle des autres membres du conseil d'administration. Leurs énergies, leurs idées et leur dévouement font de l'AJIQ l'association dynamique qu’elle est aujourd'hui. Un très sincère et chaleureux merci.
Je tiens aussi à mentionner l'apport de tous les autres sympathisants qui cette année ont contribué bénévolement à l'AJIQ: Pascal Lapointe, Anick Perreault-Labelle, Jacinthe Tremblay et quelques autres.
L’année qui vient de se dérouler a été riche en réalisations, et nous avons de quoi être fiers de nos accomplissements. Cette lancée devrait se poursuivre en 2009, une année très prometteuse pour l’AJIQ et ses membres, à condition de toujours garder en tête que l'union fait la force, et que c'est ensemble que nous pourrons obtenir les conditions de travail décentes et le respect auxquels nous avons droit.
Au nom du conseil d'administration de l'AJIQ,
Nicolas Langelier, président
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Le modèle d'affaires des médias est en profonde mutation et le résultat sera tout à l'avantage des pigistes, croit Jean Yves Hinse, ancien cadre chez TVA, aujourd'hui négociateur à la Ville de Montréal et chargé de cours aux HEC.
Jean Yves Hinse nous a partagé sa réflexion sur l'avenir des médias lors d'un récent atelier sur la négociation à l'AJIQ. Il est clair, selon lui, que les médias feront de plus en plus appel aux services de pigistes.
Les médias traditionnels sont aux prises avec d'énormes coûts fixes, les salaires en tête de liste. Justement, les pigistes ne représentent pas un coût fixe.
Autre élément fondamental, d'après Jean Yves Hinse : les médias carburent à la créativité. Or, les « créatifs » ont ce côté artiste qui les pousse à chercher l'indépendance. Pour eux, un emploi permanent serait un frein à l'expression de leur créativité. Vous reconnaissez-vous?
Pour se démarquer par l'originalité de leur contenu, les entreprises de presse ne veulent plus dépendre d'employés permanents. Vaut mieux payer cher pour un « indépendant », qui ne décochera d'autres contrats que si sa créativité est à la hauteur des attentes.
OK pour les vedettes, mais le simple journaliste pigiste là-dedans? Il doit apprendre à se présenter comme une solution, affirme Jean Yves Hinse.
Vous êtes la solution au rédacteur en chef qui cherche des idées, qui ne sait plus où donner de la tête pour épater son lectorat. Vous êtes son lien avec les tendances du terrain, lui qui sort rarement de son bureau.
Le pigiste doit faire valoir sa plus-value, insiste Jean Yves Hinse. Ça peut aller jusqu'à offrir des conseils à un donneur d'ouvrage sur comment damer le pion à son concurrent, augmenter son tirage et par ricochet, ses ventes de pub.
Pour y arriver, il faut d'abord développer une bonne relation d'affaires avec son client. Puis, en lui offrant régulièrement des conseils, vous augmenterez votre valeur à ses yeux. Vous serez alors en bonne position pour de négocier de meilleurs tarifs.
Le contexte actuel entraînera la disparition de plusieurs publications, prédit Jean Yves Hinse. Il y aura plus de pigistes pour moins de travail disponible. De là l'importance d'une démarche collective, comme la création d'un statut professionnel (sur le modèle de l'Union des artistes, par exemple) appuyé d'une loi assurant des tarifs minimaux.
Selon Jean Yves Hinse, les médias qui survivront à la crise sont ceux qui réussiront à offrir un contenu d'une qualité et originalité supérieures. Ils paieront le prix qu'il faut pour attirer chez eux la créativité des pigistes capables d'épater leurs auditoires. À nous d'être au rendez-vous et de cesser de vendre notre talent à rabais.
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Rien de tel que de bousculer les bonnes vieilles habitudes !
La Cinémathèque étant louée à notre date habituelle, le 6@8 se déplace le lendemain, soit jeudi le 26 mars.
Plus de détails ici !
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