Le blogue

05 juillet 2008

Gare au paiement sur publication

par André Dumont


« Nous payons sur publication. » Lorsqu'un éditeur vous sert cette réponse, méfiez-vous! Le paiement sur publication comporte son lot de pièges et d'idées préconçues.

À la base, cette façon de payer les pigistes ne devrait même pas exister. Pourquoi y aurait-il un lien avec la date du paiement et la date à laquelle un média choisit de publier votre matériel?

En général, un produit ou service est payé au moment de la livraison ou dans les trente jours suivants. Si vous faites livrer un meuble de chez IKEA, vous n'avez pas l'option de le payer que lorsque vous aurez enfin trouvé le temps de l'assembler.

J'en conviens, dans plusieurs journaux, le paiement sur publication ne pose aucun problème. Les articles sont publiés dans les jours qui suivent leur livraison et le paiement suit.

Quand la publication d'un article est repoussée ou qu'il est carrément mis en banque, cela devient délicat. Le pigiste peut alors demander à être payé. Dans mon cas, tous les journaux pour lesquels j'ai travaillé acceptaient de me rétribuer dès qu'il s'avérait qu'une publication serait reportée.

Si vous travaillez pour des magazines, il faut carrément refuser d'être payé sur publication. Pourquoi devoir attendre deux, trois, ou même six mois avant d'envoyer sa facture? Heureusement, au Québec comme ailleurs, la plupart des éditeurs de magazines traitent volontiers votre facture dans les jours suivant la livraison de l'article.

Publié ou pas, faut payer!
Dans aucun cas le paiement sur publication ne signifie que votre client se réserve le droit de payer que s'il décide de publier. Il n'est pas rare de rencontrer des pigistes à qui on a dit : « Finalement, on ne publiera pas ton article ». Ah oui? Eh bien, il faut verser un kill fee.

Le concept du kill fee existe spécifiquement pour ces articles qui ont été commandés et livrés, mais qu'on décide de ne jamais publier. Cependant, il doit avoir été spécifié au moment de la commande ou dans un contrat signé par les deux parties. Sinon, à mon avis, un article non-publié doit être payé en entier.

Un client peut refuser de payer un article que s'il arrive à démontrer clairement qu'il ne correspond pas à la commande ou au niveau de qualité attendu. Autrement, il doit acquitter vos factures avec la même diligence que celles d'un avocat ou d'un plombier.

Et vous, que pensez-vous du paiement sur publication?

Catégories: Conseils, Le blogue, Tarifs

 

Commentaires: 1

Pierre Racine | 10 avril 2009 à 17h25

Le "paiement" sur publication? Quel paiement?

Dans le livre "The Wages of Writing", Paul W. Kingston rapporte des études qui ont démontré que les auteurs faisaient moins en 1978 qu'en 1957! En 1957, 37% des auteurs/jounalistes pigistes américains faisaient plus de 21 000 par année. En 1978, il n'y avait plus que 21% d'entre eux qui faisaient ce "niveau" de revenu.

Et de 1978 à 2009, ça n'a pas bougé non plus! J'ai fait de la pige, justement, en 1977. Le prix par article n'a à peu près pas changé par rapport à aujourd'hui.

D'après mes calculs, la perte de revenus des pigistes en Amérique du Nord, compte tenu de l'inflation, est d'au moins 500% depuis les années d'après-guerre!

Il aurait fallu dire, à la fin de votre blogue "ET VOUS, QUE PENSEZ-VOUS DE L'OBOLE SUR PUBLICATION?".

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