L'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) appuie le rapport du Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec, rendu public ce matin. L'AJIQ a participé aux travaux du groupe de travail, dirigé par la professeure Dominique Payette, et est satisfaite de voir que l'essentiel de ses revendications se retrouve dans le rapport.
Pour l'AJIQ, c'est la recommandation 2 (sur un total de 51) qui représente tout particulièrement une avancée majeure pour la qualité du journalisme au Québec. Celle-ci stipule:
Dans la loi qui sera promulguée sur le statut des journalistes professionnels, que soit inclus un chapitre spécifique sur les journalistes professionnels indépendants leur octroyant des conditions apparentées à celles dérivées de la loi québécoise sur le statut de l’artiste (Loi sur le statut professionnel et les conditions d’engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma ou Loi 90) c’est-à-dire leur permettant de négocier des conditions minimales de travail et un contrat type incluant les droits de suite ainsi que la protection contre d’éventuelles poursuites judiciaires.
Cette recommandation reprend la demande principale de l'AJIQ depuis plus de 20 ans: que les journalistes indépendants aient le droit de négocier collectivement leurs conditions de travail.
Ce droit à la négociation collective, la plupart des professions le détiennent. Mais pour des raisons historico-juridiques, il a toujours été inaccessible aux journalistes indépendants, avec des conséquences désastreuses sur les journalistes eux-mêmes, bien sûr, mais aussi sur la qualité générale de l'information au Québec.
Depuis 30 ans, les conditions de travail des journalistes indépendants n'ont cessé de se dégrader: les tarifs stagnent, tandis que se multiplient les clauses abusives dans les contrats. De toute évidence, il est impossible pour les journalistes indépendants de négocier individuellement des conditions acceptables. Les lois du marché, dans un environnement contrôlé par quelques grands groupes de presse, ne sont pas du tout à l'avantage des journalistes indépendants.
C'est avec le souci sincère d'améliorer la qualité de l'information accessible aux Québécois que Dominique Payette et son équipe ont rédigé leur rapport, et les recommandations qu'on y retrouve vont dans ce sens. L'AJIQ est donc heureuse de l'appuyer, et souhaite ardemment que la ministre St-Pierre et le gouvernement du Québec lui donnent les suites qu'il mérite.
Le communiqué du Groupe de travail
Nicolas Langelier Président, AJIQ
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