Le blogue

17 avril 2012

Un bénévolat, l'écriture?

par Martin Forgues

Dans ce billet hallucinant de Pascal Lapointe, membre de l'AJIQ et journaliste scientifique,  un auteur américain - il faut le faire - juge que les artisans vivant de l'écriture (journalistes, auteurs) doivent s'attendre, à l'avenir, à ce que l'écriture relève du bénévolat.


Dans la foulée du rejet du recours collectif intenté par les blogueurs du Huffington Post par un tribunal new-yorkais, il est effectivement à se demander si les nouveaux modèles d'affaires actuels et futurs ne s'inscrivent pas dans une tendance à recourir à une nouvelle forme de cheap labour, voire une espèce de néo-esclavagisme volontaire en ce que l'entreprise de presse s'enrichit en vendant un contenu produit avec une main d'œuvre non-rémunérée et, surtout, consentante.


« (Les journalistes) sont-ils à ce point convaincus que cette discussion ne les concerne pas puisque eux, journalistes, dépasseront toujours d'une tête tous ces « sous-journalistes »? C'est faire peu de cas de la réalité : aux yeux d'un très grand nombre de lecteurs, l'information a peu de valeur monétaire, peu importe qui l'écrit. Entre une information payante, et une information gratuite, fut-elle de moindre qualité, la gratuite sera privilégiée par une majorité », écrit Pascal Lapointe à propos des protestations de la communauté journalistique et de tous ceux et celles qui pensent encore que tout travail - surtout celui qui rapporte 315 millions de dollars - mérite salaire.


Plutôt que de s'à-plaventrir devant  ces nouvelles tendances, il est plus important que jamais que les journalistes, surtout les journalistes indépendants, s'unissent afin non pas d'affronter ouvertement les vœux des entreprises de presse et la volonté du public d'obtenir une information à bas prix, voire gratuite, mais plutôt pour rétablir certaines réalités. Comme le dit Lapointe, il serait présomptueux de  prétendre au monopole de la vérité.


Nous devons plutôt convaincre les partisans de la gratuité de l'information et du bénévolat de ses artisans des bienfaits d'un journalisme de qualité, avec de l'information produite par des professionnels rémunérés et dont la pratique est enchâssée à l'intérieur de codes d'éthique et de déontologie stricts.


La position de l'AJIQ a toujours été de défendre la juste rémunération des journalistes indépendants et l'application des principes d'un contrat équitable permettant notamment aux artisans de l'information de conserver également leurs droits d'auteur. Elle doit donc être le centre névralgique de l'opposition à une pratique d'affaires privant les créateurs de contenu des revenus auxquels ils ont droit. Et elle ne pourra l'être que si ses membres, actuels et futurs, ainsi que ses sympathisants, le veulent et l'y encouragent.

 

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Catégories: Le blogue, Revue de presse

 

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Sur le journalisme indépendant

17 avril 2012

Un bénévolat, l'écriture?

Dans ce billet hallucinant de Pascal Lapointe, membre de l'AJIQ et journaliste scientifique,  un auteur américain - il faut le faire - juge que les artisans vivant de l'écriture (journalistes, auteurs) doivent s'attendre, à l'avenir, à ce que l'écriture relève du bénévolat.


Dans la foulée du rejet du recours collectif intenté par les blogueurs du Huffington Post par un tribunal new-yorkais, il est effectivement à se demander si les nouveaux modèles d'affaires actuels et futurs ne s'inscrivent pas dans une tendance à recourir à une nouvelle forme de cheap labour, voire une espèce de néo-esclavagisme volontaire en ce que l'entreprise de presse s'enrichit en vendant un contenu produit avec une main d'œuvre non-rémunérée et, surtout, consentante.


« (Les journalistes) sont-ils à ce point convaincus que cette discussion ne les concerne pas puisque eux, journalistes, dépasseront toujours d'une tête tous ces « sous-journalistes »? C'est faire peu de cas de la réalité : aux yeux d'un très grand nombre de lecteurs, l'information a peu de valeur monétaire, peu importe qui l'écrit. Entre une information payante, et une information gratuite, fut-elle de moindre qualité, la gratuite sera privilégiée par une majorité », écrit Pascal Lapointe à propos des protestations de la communauté journalistique et de tous ceux et celles qui pensent encore que tout travail - surtout celui qui rapporte 315 millions de dollars - mérite salaire.


Plutôt que de s'à-plaventrir devant  ces nouvelles tendances, il est plus important que jamais que les journalistes, surtout les journalistes indépendants, s'unissent afin non pas d'affronter ouvertement les vœux des entreprises de presse et la volonté du public d'obtenir une information à bas prix, voire gratuite, mais plutôt pour rétablir certaines réalités. Comme le dit Lapointe, il serait présomptueux de  prétendre au monopole de la vérité.


Nous devons plutôt convaincre les partisans de la gratuité de l'information et du bénévolat de ses artisans des bienfaits d'un journalisme de qualité, avec de l'information produite par des professionnels rémunérés et dont la pratique est enchâssée à l'intérieur de codes d'éthique et de déontologie stricts.


La position de l'AJIQ a toujours été de défendre la juste rémunération des journalistes indépendants et l'application des principes d'un contrat équitable permettant notamment aux artisans de l'information de conserver également leurs droits d'auteur. Elle doit donc être le centre névralgique de l'opposition à une pratique d'affaires privant les créateurs de contenu des revenus auxquels ils ont droit. Et elle ne pourra l'être que si ses membres, actuels et futurs, ainsi que ses sympathisants, le veulent et l'y encouragent.

 

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