09 juin 2008
par Nicolas Langelier
Cela aura pris 18 ans de lutte, mais les réalisateurs de télévision québécois ont enfin gagné quelque chose qui fera l'envie de bien des journalistes indépendants: un contrat de travail collectif.
Un arbitre vient en effet d'imposer un contrat de travail aux donneurs d'ouvrage des réalisateurs, regroupés dans l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec.
L'arbitre a reconnu que les réalisateurs, isolés, n'arrivaient pas à établir de rapport de force face aux producteurs––une situation que connaissent bien les journalistes indépendants.
L'entente prévoit notamment une rémunération minimale, des redevances liées aux droits de suite, la reconnaissance du statut et de l'autorité des réalisateurs ainsi qu'une contribution des producteurs à un régime de retraite et à un régime d'assurances.
De quoi donner espoir aux journalistes indépendants, qui mènent un combat similaire au sein de l'AJIQ depuis maintenant 20 ans.
Commentaires: 1
Jean-Pierre Paré | 20 juin 2008 à 20h02
Oui, je suis bien content pour les réalisateurs. Mais pour qui connaît un peu le milieu, cette sentence arbitrale peut constituer un cadeau empoisonné parce qu'elle est inapplicable, ou si elle est appliquée intégralement elle tuera l'industrie. Il ne se tournera plus un seul documentaire au Québec, par exemple, parce que les budgets gonfleront au point de devenir hors normes, il ne sera plus possible d'obtenir le financement nécessaire pour tourner. Du côté de la télé c'est pareil. Les droits de suite de 33% décrétés dans la décision de Bernard Bastien font frémir les producteurs parce que dans l'état actuel des choses, ce sont eux qui seront les seuls à les assumer, les diffuseurs s'en lavant les mains. Je le tiens de la bouche d'un producteur... qui est aussi réalisateur et qui a milité à l'Asso des réals!...
Bref, cette décision arbitrale fait encore la démonstration que mieux vaut une mauvaise entente hors cours qu'une sentence rédigée par quelqu'un qui n'y connaît rien. Par contre, je dois dire que je reconnais là la grande compétence du procureur syndical Clément Groleau, qui a oeuvré pendant 20 ans à la CSN... ;-)