Par Martine D'Amours
Question à 100 piastres: comment faire pour améliorer les conditions de la pige dans les quotidiens? Vous pouvez toujours - que ne ferait-on pas pour signer dans La Presse ou Le Devoir - accepter des tarifs qui varient entre 25 et 50$ le feuillet. Vous pouvez aussi, c'est votre droit le plus strict, négocier le cachet en fonction de votre notoriété et de la teneur des informations que vous détenez. Vous pouvez finalement vous joindre au comité de l'AJIQ qui a entrepris des démarches avec les syndicats de certains quotidiens, pour voir comment les conventions collectives pourraient inclure un minimum de protection pour les indépendants.
Au fil des années, ces syndicats ont négocié certains bénéfices pour les journalistes à temps partiel, surnuméraires et occasionnels. Mais les pigistes et collaborateurs demeurent nommément exclus des conventions, sauf pour le respect des clauses professionnelles. Vous êtes mal payé, et en plus, vous n'êtes pas du tout protégé. Par exemple, si vous êtes poursuivi pour un article qui a eu l'heur de déplaire à certains, le journal n'est pas tenu de vous défendre.
Pour nous, il est clair que les syndicats doivent contribuer à civiliser les conditions de travail. Ils y trouveront d'ailleurs leur intérêt: le recours au travail précaire sera moins alléchant pour les employeurs s'il est mieux balisé et plus onéreux. C'est ce que l'AJIQ examine avec des représentants syndicaux de La Presse et du Devoir. Une hypothèse: l'inclusion aux conventions collectives ou en annexe de la signature par l'employeur d'un contrat-type avec les pigistes et collaborateurs.
(Première publication: L'indépendant, mars 1995. Toute reproduction de ce texte est autorisée et encouragée... si l'auteur est d'accord.)
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