Loin de Montréal, près du travail
Par Cécile Gladel
Frédérique David habite les Laurentides depuis dix ans. Elle a d’abord élu
domicile à Saint-Jovite, pour déménager ensuite à Sainte-Adèle, Saint-Sauveur,
et enfin Piedmont. Elle a d’abord
occupé ses premiers emplois de journaliste dans la région de l’Outaouais, où
elle a vécu sept ans. Autant dire que le journalisme en région (entendons à
l’extérieur de Montréal), elle ne connait que ça !
Pour qui faites-vous de la pige ?
La plupart des publications pour lesquelles je travaille ont leurs bureaux
à Montréal : Enfants Québec, L’Actualité médicale, L’Actualité
pharmaceutique, VITA, ServiceVie.com. Je tiens cependant à garder quelques
piges dans ma région, même si cela implique d’accepter des tarifs moins élevés.
Les journaux de la région font donc appel à mes services quand un journaliste
est malade ou pour des dossiers spéciaux. Enfin, je signe une chronique
hebdomadaire d’opinion dans le journal Les Pays-d’en-Haut La Vallée.
Est-ce facile de travailler à la pige en région ?
Cela ne me semble pas plus difficile qu’à Montréal dans la mesure où l’on a
Internet et un plan pour les interurbains. D’ailleurs, les rédacteurs en chef
ne savent pas toujours que je travaille de Piedmont, dans les Laurentides. Ils
ne pensent pas toujours à poser la question et, du coup, je ne le précise pas.
Après tout, ils ne m’engagent pas pour être dans leurs bureaux tous les jours.
Les seules fois où ils s’enquièrent de mon lieu de résidence, c’est lorsqu’une
pige nécessite un déplacement.
Par ailleurs, j’ai l’avantage d’être dans une région limitrophe de Montréal
ce qui me permet d’y aller de temps en temps pour faire une entrevue ou couvrir
un événement. Enfin, je n’ai pas à subir le stress de la ville, ni la perte de
temps qui accompagne les déplacements. En région, il est aussi plus facile de
se faire connaître, car les journalistes ne sont pas très nombreux.
Les pigistes se plaignent parfois de l'isolement, est-ce plus marqué quand on est peu nombreux ?
Je suis toujours bien accueillie dans les salles de rédaction des
hebdomadaires de la région pour lesquels je fais de la pige. Je m’y rends de
temps en temps, ce qui me permet d’échanger sur la profession avec les
journalistes qui y travaillent. À vrai dire, je ne souffre pas du tout
d’isolement puisque, chaque semaine, j’ai au moins une entrevue en personne à
réaliser et parfois une conférence ou un événement à couvrir.
Que faites-vous pour briser l'isolement ?
Je suis les discussions sur la liste d’envoi par courriel de l’AJIQ. Je
vais luncher dans le village avec une amie. Je passe dire bonjour aux
journalistes des hebdos du coin. Mais, avec trois enfants, je ne souffre pas
tellement d’isolement, non seulement parce qu’en région les mamans font
toujours le taxi et parce que je m’implique dans leurs écoles. Il m’arrive
d’ailleurs régulièrement d’être invitée dans une classe pour parler du métier
de journaliste !
Est-ce que le fait d'être membre de l'AJIQ aide les pigistes, surtout à
l'extérieur de Montréal ?
Être membre de l’AJIQ aide tous les pigistes ! L’information et les
offres de pige transmises nous concernent tous, que l’on soit à Montréal ou
ailleurs. De plus, en région, il est plus difficile de connaître les nouveaux
développements qui touchent la profession si l’on n’est pas membre de l’AJIQ
car les pigistes ne sont pas très nombreux, souvent éparpillés sur un large
territoire, et n’ont donc presque jamais l’occasion de se voir.
Avec les nouvelles technologies, n'est-ce pas aussi facile de travailler en
région ou à Montréal ou partout dans le monde ?
Absolument, à condition d’avoir Internet haute vitesse, ce
qui n’est pas le cas partout en région. Même si je ne suis qu’à 75km de
Montréal, je n’ai eu accès à la haute vitesse qu’en octobre 2008, après avoir
fait de nombreuses démarches auprès de la municipalité et de la MRC !
Auparavant, il m’arrivait d’aller chez une amie qui avait la haute vitesse
quand j’avais trop de recherche à faire sur Internet !
Quels sont vos endroits de prédilections pour aller travailler à
l’extérieur de chez vous ?
La bibliothèque du village ou un café, mais j’évite les lieux « Jet
Set » que fréquentent de plus en plus de journalistes et de vedettes de
Montréal qui ont élu domicile dans les environs. Saint-Sauveur a tendance à
devenir la banlieue de Montréal. J’aime encore mieux travailler de chez moi et
voir, de temps en temps, un chevreuil passer devant ma fenêtre !
Personnellement, cela m’inspire plus que Michèle Richard ou Réjean Tremblay.
Est-ce qu’il vous manque quelque chose que vous pourriez avoir dans une
plus grande ville, comme à Montréal ?
Si la richesse culturelle de Montréal me manque, je peux facilement y
aller. Mais cela me manque de moins en moins. J’apprécie le calme dont on
bénéficie en région et nos villages foisonnent d’événements uniques et
d’artistes talentueux, à condition de savoir les dénicher ! Par contre, si
cela ne nécessitait pas deux heures de route après ma journée de travail et au
moment où mes enfants ont le plus besoin de moi, je participerais plus souvent
aux événements de l’AJIQ et de la FPJQ. Je me prive souvent de rencontres
auxquelles j’aimerais participer.
Quel est le plus gros avantage de travailler dans une plus petite
communauté ?
La qualité de vie ! Exit le stress et le bruit. Je ne connais pas les
embouteillages et je n’ai même pas un feu de circulation à traverser pour
conduire ma fille à la garderie chaque matin. Et quand ma journée de travail
est terminée, je peux m’offrir une ou deux descentes en ski, à 5 minutes de
chez moi !
Y-a-t-il des désavantages ?
Nous reconnaissons le soutien financier du gouvernement du Canada, par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP), du ministère du Patrimoine canadien pour les coûts reliés à ce projet.
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