Bulletin L’Indépendant

mai 2010

La pige en région : Frédérique David dans les Laurentides

Loin de Montréal, près du travail

Par Cécile Gladel

Frédérique David habite les Laurentides depuis dix ans. Elle a d’abord élu domicile à Saint-Jovite, pour déménager ensuite à Sainte-Adèle, Saint-Sauveur, et enfin Piedmont.  Elle a d’abord occupé ses premiers emplois de journaliste dans la région de l’Outaouais, où elle a vécu sept ans. Autant dire que le journalisme en région (entendons à l’extérieur de Montréal), elle ne connait que ça !

Pour qui faites-vous de la pige ?

La plupart des publications pour lesquelles je travaille ont leurs bureaux à Montréal : Enfants Québec, L’Actualité médicale, L’Actualité pharmaceutique, VITA, ServiceVie.com. Je tiens cependant à garder quelques piges dans ma région, même si cela implique d’accepter des tarifs moins élevés. Les journaux de la région font donc appel à mes services quand un journaliste est malade ou pour des dossiers spéciaux. Enfin, je signe une chronique hebdomadaire d’opinion dans le journal Les Pays-d’en-Haut La Vallée.

 

Est-ce facile de travailler à la pige en région ?

Cela ne me semble pas plus difficile qu’à Montréal dans la mesure où l’on a Internet et un plan pour les interurbains. D’ailleurs, les rédacteurs en chef ne savent pas toujours que je travaille de Piedmont, dans les Laurentides. Ils ne pensent pas toujours à poser la question et, du coup, je ne le précise pas. Après tout, ils ne m’engagent pas pour être dans leurs bureaux tous les jours. Les seules fois où ils s’enquièrent de mon lieu de résidence, c’est lorsqu’une pige nécessite un déplacement.

Par ailleurs, j’ai l’avantage d’être dans une région limitrophe de Montréal ce qui me permet d’y aller de temps en temps pour faire une entrevue ou couvrir un événement. Enfin, je n’ai pas à subir le stress de la ville, ni la perte de temps qui accompagne les déplacements. En région, il est aussi plus facile de se faire connaître, car les journalistes ne sont pas très nombreux.

Les pigistes se plaignent parfois de l'isolement, est-ce plus marqué quand on est peu nombreux ?


Je suis toujours bien accueillie dans les salles de rédaction des hebdomadaires de la région pour lesquels je fais de la pige. Je m’y rends de temps en temps, ce qui me permet d’échanger sur la profession avec les journalistes qui y travaillent. À vrai dire, je ne souffre pas du tout d’isolement puisque, chaque semaine, j’ai au moins une entrevue en personne à réaliser et parfois une conférence ou un événement à couvrir.

 

Que faites-vous pour briser l'isolement ?

Je suis les discussions sur la liste d’envoi par courriel de l’AJIQ. Je vais luncher dans le village avec une amie. Je passe dire bonjour aux journalistes des hebdos du coin. Mais, avec trois enfants, je ne souffre pas tellement d’isolement, non seulement parce qu’en région les mamans font toujours le taxi et parce que je m’implique dans leurs écoles. Il m’arrive d’ailleurs régulièrement d’être invitée dans une classe pour parler du métier de journaliste !

Est-ce que le fait d'être membre de l'AJIQ aide les pigistes, surtout à l'extérieur de Montréal ?

Être membre de l’AJIQ aide tous les pigistes ! L’information et les offres de pige transmises nous concernent tous, que l’on soit à Montréal ou ailleurs. De plus, en région, il est plus difficile de connaître les nouveaux développements qui touchent la profession si l’on n’est pas membre de l’AJIQ car les pigistes ne sont pas très nombreux, souvent éparpillés sur un large territoire, et n’ont donc presque jamais l’occasion de se voir.

 

Avec les nouvelles technologies, n'est-ce pas aussi facile de travailler en région ou à Montréal ou partout dans le monde ?

Absolument, à condition d’avoir Internet haute vitesse, ce qui n’est pas le cas partout en région. Même si je ne suis qu’à 75km de Montréal, je n’ai eu accès à la haute vitesse qu’en octobre 2008, après avoir fait de nombreuses démarches auprès de la municipalité et de la MRC ! Auparavant, il m’arrivait d’aller chez une amie qui avait la haute vitesse quand j’avais trop de recherche à faire sur Internet !

 

Quels sont vos endroits de prédilections pour aller travailler à l’extérieur de chez vous ?

La bibliothèque du village ou un café, mais j’évite les lieux « Jet Set » que fréquentent de plus en plus de journalistes et de vedettes de Montréal qui ont élu domicile dans les environs. Saint-Sauveur a tendance à devenir la banlieue de Montréal. J’aime encore mieux travailler de chez moi et voir, de temps en temps, un chevreuil passer devant ma fenêtre ! Personnellement, cela m’inspire plus que Michèle Richard ou Réjean Tremblay.

 

Est-ce qu’il vous manque quelque chose que vous pourriez avoir dans une plus grande ville, comme à Montréal ?

Si la richesse culturelle de Montréal me manque, je peux facilement y aller. Mais cela me manque de moins en moins. J’apprécie le calme dont on bénéficie en région et nos villages foisonnent d’événements uniques et d’artistes talentueux, à condition de savoir les dénicher ! Par contre, si cela ne nécessitait pas deux heures de route après ma journée de travail et au moment où mes enfants ont le plus besoin de moi, je participerais plus souvent aux événements de l’AJIQ et de la FPJQ. Je me prive souvent de rencontres auxquelles j’aimerais participer.

 

Quel est le plus gros avantage de travailler dans une plus petite communauté ?

La qualité de vie ! Exit le stress et le bruit. Je ne connais pas les embouteillages et je n’ai même pas un feu de circulation à traverser pour conduire ma fille à la garderie chaque matin. Et quand ma journée de travail est terminée, je peux m’offrir une ou deux descentes en ski, à 5 minutes de chez moi !

 

Y-a-t-il des désavantages ?

Tout le monde se connaît. Il est parfois agréable de recevoir des félicitations pour sa dernière chronique dans l’hebdomadaire régional, mais on aimerait aussi, à d’autres moments, ne pas avoir à parler de politique

 

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