Bulletin L’Indépendant
novembre 2008
par Jean-Sébastien Marsan
Incroyable mais vrai: il existe encore des journaux qui perpétuent la querelle des "anciens" et des "nouveaux" médias, des "vrais" journalistes sur le prestigieux support papier versus le prolétariat du journalisme web. Cette mentalité élitiste est surtout évidente en France.
En octobre dernier, la presse française a tenu des États généraux, sous l'impulsion du président Nicolas Sarkozy. Constat: en France, Internet est encore considéré comme une menace pour la presse écrite traditionnelle.
Pour le blogue
ReadWriteWeb France , le conservatisme de plusieurs éditeurs français face à Internet fait penser à l'immobilisme des majors du disque: même refus de comprendre les comportements de la jeunesse, d'innover, de proposer de nouveaux canaux de distribution, de se renouveler. Les majors préfèrent criminaliser ceux qui téléchargent des fichiers audios. Et pourtant... "Ce n'est pas tant que les jeunes ne lisent plus, ils n'achètent plus de papier pour le faire, nuance", souligne ReadWriteWeb France.
Dans plusieurs rédactions françaises, les journalistes web sont encore considérés comme des journalistes de seconde classe. Ils sont isolés des salles de rédaction "traditionnelles", mal payés, soumis à des horaires inconfortables, et ils ont très peu d'autonomie. Le cybermédia indépendant
Backchich s'est récemment penché sur le triste sort des cyberjournalistes du Nouvel Observateur, du Point, du Figaro, du Parisien, du Monde et des Echos.
Beaucoup de jeunes et de pigistes débutent leur carrière en collaborant à des sites Internet de médias établis, et malheureusement on leur accorde peu de support; on leur répète qu'ils sont chanceux d'avoir du travail et de pouvoir se "faire un nom". "Prière donc de ne pas trop se plaindre", souligne Backchich. "La file d'attente est longue, et personne n'est indispensable. Message reçu. Rentrer dans le rang ou dégager."
Pendant ce temps, le quotidien Christian Science Monitor, de Boston, est le premier journal d'envergure nationale des États-Unis à abandonner la version papier pour se concentrer uniquement sur une
publication Internet. L'éditeur du New York Times se demande aussi pendant combien de temps il poursuivra la publication du journal sur papier. Les médias américains ont bien des défauts, mais on ne peut pas les taxer d'immobilisme technologique...
Commentaires: 1
Fabrice | 25 novembre 2008 à 16h18
Tabernacle, ils sont sévères les cousins Québécois ;)