Bulletin L’Indépendant

février 2009

Le succès invite le succès : André Ducharme

Il valse avec les mots

Par Danielle Stanton

Deux mots : c’est plus qu’il n’en faut au journaliste André Ducharme pour résumer l’essence d’une personne. Quelle folie m’a piquée d’oser ici un portrait du Pape du portrait lui-même?  Celle de l’affection, de l’admiration. Et de la reconnaissance.

Quand  j’ai commencé comme journaliste indépendante, André, qui dirigeait alors le magazine Touring, n’a pas hésité à m’engager.  Les papiers que je lui remettais étaient, disons, corrects. Mais si je fiais à ses commentaires, c’était du grand art : devinant mon manque de confiance, il voulait me rassurer. Il m’a donné cette petite poussée qui un jour, dans la vie de chacun, fait la différence.  Grâce à l’encouragement de ce pro dont j’admirais le talent fou, j’ai osé faire un pas de plus, puis un autre, dans le métier. Aujourd’hui, je lui dis ce que je ne lui ai jamais dit : merci André.

J’ai parlé de talent fou. André a mille fois plus que cela. Sans sa sensibilité et son sens de l’observation laser, il ne serait pas le journaliste culturel qu’il est.  Surtout, sans son intelligence qui lui fait saisir chaque fois la vérité vraie de l’interviewé - celle de Roy Dupuis ou de Jean Leloup aussi bien que celle de Guylaine Tremblay, de Michel Côté ou des mille autres qu’il a dépeint - et lui fait poser LA question à laquelle on n’aurait jamais pensé (maudit!) et qui fera la différence, il ne serait jamais devenu cette star de l’écrit dotée d’un véritable fan club de lecteurs au Québec!

Cet homme est un mystère. Comment fait-il pour être neuf à chaque papier après tous ceux parus dans L’actualité, Sélection du Readers Digest, Châtelaine, Elle Québec, En Route? Comment fait-il pour rester pertinent, intéressant, cinglant juste comme il faut dans chacune des éditions de l’agenda des Arts et spectacles qu’il tient dans les pages de L’actualité… depuis 1988? Il n’y a qu’André pour réussir ca.

Et avec quel style!  Si quelqu’un s’est déjà ennuyé en lisant un texte d’André Ducharme, prière de consulter. Son écriture est vibrante, charnelle, quasi palpable.  Il sait l’art de débaucher les expressions pour leur donner un sens nouveau, de télescoper les termes pour créer des images qui parlent fort. Clichés, lieux communs et autre déjà vu lui sont inconnus.  Ce virtuose valse avec les mots. S’il vendait sa recette, il serait millionnaire.

C’est simple, du oumf, André Ducharme en a sur toute la ligne. Il vous arrive, vêtu avec le chic désinvolte du dandy, le sourire au coin de l’œil, prêt à dégainer sans avertir la petite remarque qui vous fera mourir de rire.  Pour moi, André est synonyme de plaisir.  Et d’énergie brute.  Il ne se contente pas de voir tout, tout, tout ce qui bouge en culture au Québec, il saute dans l’arène.  Une nouvelle (Io ou la hanche), des textes radiophoniques, une pièce de théâtre (Léola Louvain, écrivaine), un pamphlet (Pour en finir avec les casse-cul), un portrait de Diane Dufresne (Cendrillon kamikaze) et même une chanson pour Gerry Boulet (Homme d’asphalte), André a touché à tout.  Avec succès : son roman, L’homme en morceaux a été finaliste du prix Ringuet, de l’Académie des Lettres du Québec, en 2004.  À temps perdu (sic), il assume des chroniques sur le théâtre dans différents médias et anime de nombreux ateliers d’écriture. Les vacances ? Pas sa tasse de thé. Il me donne des complexes.   

André aime dire qu’il adore «le cinéma, la lecture, la photographie, Paris, le vin rouge, la crème glacée, les jujubes,  tondre le gazon, laver la vaisselle, regarder par la fenêtre.»  C’est tout lui.  
«La création me touche, les artistes m’émeuvent», confie-t-il aussi.  J’ai envie de te dire que tu me fais exactement le même effet André.

Salut l’artiste!

 

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