Bulletin L’Indépendant

février 2010

Le succès invite le succès : André Dumont

Récolter ce que l'on sème

David Savoie


Combien connaissez-vous de journalistes capables d'écrire en français et en anglais sur les OGM de seconde génération, l'élevage du poulet et à propos du seul producteur de fougères du Québec ? Au moins un maintenant, et il s'appelle André Dumont.

Des textes arborent notamment son nom dans Le Bulletin des Agriculteurs, Agricom, et Quatre-Temps.  Ses pénates sont à Montréal, mais ses sujets se trouvent dans les coins du Québec et de l'Ontario.


S'il en est arrivé là aujourd'hui, ce n'est pas le fruit du hasard: André avait tout planifié pour parvenir à son rêve, celui d'être pigiste. Le natif de New Liskeard, en Ontario, a fait ses classes en région, dans l'Est ontarien, pour y gagner de l'expérience. D'un hebdo local, il passe à un quotidien, en commençant à faire quelques piges. C'est là que germe l'idée de se spécialiser.


Même si son sujet de prédilection – l'agriculture – est loin de son domaine d'étude – sciences politiques – il dit beaucoup apprécier de couvrir ce secteur parfois délaissé par les gros médias. « C'est le 'fun', parce que l'agriculture, ça touche à tout. L'environnement, l'entreprenariat, la nourriture. Ça touche tout le monde en fait. »


Polyglotte à ses heures, André travaille aussi bien avec la langue de Shakespeare que celle de Molière – celle de Goethe, si nécessaire ! Il est devenu, de fait, l'expert en vulgarisation du Québec pour des magazines agricoles anglophones, « des magazines au contenu canadien, mais où on ne parle pas du Québec », s'exclame-t-il.


Sa plume et ses idées ne sont pas passées inaperçues. Prix Greg Clark en 2005, bourse Air-France pour aller faire un reportage au Maroc sur la réutilisation de l'eau usée en agriculture, un voyage en Indonésie, sept mois après le tsunami, finaliste cette année aux Grands prix du journalisme indépendant pour la catégorie portrait/entrevue. Et pour clôturer 2009, il a été un des lauréats du prix Moïse-Cossette décerné par l'Association des communicateurs et rédacteurs de l’agroalimentaire, pour un portrait de deux passionnés d'épices. Une récolte impressionnante pour celui qui s'est lancé dans la pige depuis quelques années seulement.

 

Le côté militant

Si la fibre revendicatrice d'André ne s'exprime pas dans son travail, neutralité du métier exige, il la cultive en faisant du bénévolat pour l'AJIQ comme membre du conseil d'administration depuis mars 2008. « Les journalistes doivent s'entraider, notre métier est solitaire, mais il faut créer un rapport de force face à nos clients. »


Notamment sur la question des contrats, il dit en avoir voir vu des vertes et des pas mûres – c'est dire pour un journaliste spécialisé en agriculture. Aujourd'hui, le défi est de concilier les droits d'auteurs face à la convergence et la tendance au multi-plateforme. Il y a encore beaucoup d'ignorance, selon lui, tant du côté des rédactions que chez les pigistes.

 

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