Bulletin L’Indépendant

janvier 2010

Le succès invite le succès : David Savoie

Le puriste

Par Frédérick Lavoie

C’est un puriste. Et c’est exactement pour cela que dans mes moments de doute sur notre métier, quand mon idéalisme en prend pour son rhume, je me tourne vers David Savoie.

En octobre, David a réalisé ce dont plusieurs journalistes rêvent, sans pour la plupart oser faire le saut. Après un premier tour d’horizon asiatique en début d’année (Japon, Vietnam, Cambodge, Thaïlande), il s’est installé à Séoul, une ville où il n’avait jamais mis les pieds. Chapeau. Il serait pigiste international, basé en Corée du Sud. La chaîne France 24 lui prendrait quelques reportages chaque mois, et pour le reste, il devrait remplir son carnet de commandes à gauche et à droite, en radio, télé et écrit.

Deux mois plus tard, le carnet s’est relativement épaissi, mais il n’y en a pas de facile. La Corée du Sud n’est pas le plus «sexy» des pays, médiatiquement parlant, ni le plus accueillant. Les liens avec les médias européens, eux, sont longs à développer pour un pigiste québécois (je parle en connaissance de cause...).

Mais malgré le stress et les déceptions, cet idéalisme réaliste et cette curiosité sans fin qui l’ont emmené à ce métier il y a huit ans ne l’ont pas quitté. David, 26 ans, croit toujours qu’il y a de la place pour la profondeur en information. Que nos publics réussiront à comprendre, même les problèmes les plus complexes, si on arrive à bien leur expliquer. Et plus important encore, il sait agir en ce sens.

David n’est pas le plus exubérant des journalistes. Sérieux, trop sérieux peut-être parfois. Mais le plus souvent, c’est pour les bonnes raisons. Parce qu’il croit à ce journalisme qui n’est pas laissé à la légère, à ce chien de garde de la démocratie, à cet écarquilleur d’horizons et de consciences que nous nous devons d’être.

Je l’ai dit, un puriste. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il prétend détenir la science infuse. Bien au contraire. Il est de ceux qui savent mettre leur égo de côté pour critiquer et se laisser critiquer. De ceux qui croient qu’on n’est jamais un assez bon journaliste.

J’ai connu David en 2006, alors que nous étions étudiants à la maîtrise en journalisme international à l’Université Laval. Trois ans plus tard, j’ai toujours l’impression d’être sur les bancs de l’école continue du journalisme à travers les échanges épistolaires de nos réussites, de nos doutes et nos frustrations.

Je n’ai pas voulu dresser un portrait complaisant de ce collègue-ami. Il m’aurait reproché mon manque de rigueur, plus qu’il ne me reprochera d’avoir fait ressortir ses travers. Je l’ai dit, un puriste. Et pour moi, un collègue, un ami et justement, un empêcheur de se complaire en rond.

 

Commentaires: 0

Écrire un commentaire



Nous reconnaissons le soutien financier du gouvernement du Canada, par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques (FCP), du ministère du Patrimoine canadien pour les coûts reliés à ce projet.

1124, rue Marie-Anne Est, bureau 12
Montréal (Québec) H2J 2B7
(514) 529-3105 (Boîte vocale)

© Tous droits réservés, Association des journalistes indépendants du Québec