Bulletin L’Indépendant
octobre 2008
La chronique "Le succès invite le
succès" vous fait découvrir sous la forme d'une chaine un ou une
pigiste qui réussit. Le mois prochain, c'est le pigiste présenté ici
qui écrira sur un autre pigiste. Et ainsi de suite !Dominique Forget : une étoile dans le ciel scientifiquePar Mélanie RobitailleLa
première fois que j'ai vu Dominique Forget, c'était en 2004. Look
urbain, mise en pli branchée, en contrôle de la situation, la jeune
femme coordonnait les communications de la Conférence mondiale des
journalistes scientifiques à Montréal. Pas une mince tâche : la
rencontre a attiré 620 personnes venues de 58 pays, des journalistes
pour la moitié. Pour la journaliste balbutiante que j'étais, l'image de
solidité qu'elle dégageait m'a frappée.
Mon ravissement ne
faisait que commencer. Parce qu'ensuite, j'ai porté attention aux
textes de Dominique. Vous connaissez l'ouvrage Le style d'André Noël?
En rassemblant les articles de Dominique, on pourrait en faire le
recueil du modèle à suivre. Phrases courtes. Exemples concrets. Verbes
forts. Histoire captivante. Mots colorés. Ça swingue. Ça rebondit. Ça
intrigue. Et on parle de sujets scientifiques ici. Ah oui, parce que
Dominique fait dans la science la plupart du temps. Elle a une maîtrise
en génie chimique. À 36 ans, ça fait maintenant plus de 8 ans qu'elle
est pigiste.
Ce qui m'épate de Dominique, c'est aussi sa
productivité. J'ouvre Jobboom? Dominique. Je lis Châtelaine? Dominique.
Dans L'actualité? Dominique. Elle a aussi travaillé longtemps avec la
revue Découvrir. On la lit aussi dans Vision Durable et elle trame un
premier Géographica (hors L'actualité) pour juin prochain. Ces derniers
mois, j'ai commencé à collaborer avec Passeportsanté.net dans la
section des nouvelles. Pour m'inspirer du style, je repassais les
articles récents. Un en particulier m'a fait baver d'envie. En un
feuillet, la nouvelle vulgarisée devenait une histoire avec entrevue en
prime. Signature? Je vous le donne dans le mille.
L'an passé, elle lançait son premier livre Perdre le nord?, co-édité par Boréal et Névé, la maison d'édition de Bernard Voyer.
L'essai
se lit comme un roman malgré son sujet rebutant pour plusieurs : le
réchauffement climatique et ses conséquences dans le grand Nord. Pour
son entrée dans le monde des auteurs, l'Association canadienne des
rédacteurs scientifiques (Canadian Science Writer's Association) lui a
remis rien de moins que le prestigieux prix « Science and Society Book
Award » qui récompense le meilleur livre scientifique canadien dans la
catégorie « grand public », prix qu'elle a reçu à Whitehorse en mai
dernier. Séduire les collègues pour la plupart anglophones avec un
livre en français, faut le faire!
Et Dominique ne fait pas
qu'écrire, elle s'implique aussi. Elle a pris la barre de l'Association
des communicateurs scientifiques en 2004-2005, alors que j'entrais
aussi dans le conseil d'administration où j'ai pu mieux la connaître.
Récemment,
elle m'avouait n'avoir jamais fait de plan de carrière. « J'y vais un
peu selon ce qui se présente et mes intérêts du moment. Trop bohème? »
Peu importe, ça lui réussit.
Mélanie Robitaille est
journaliste scientifique indépendante. Elle écrit pour plusieurs
magazines et sites web dont L'actualité, Passeportsanté.net et l'Agence
Science-Presse. Elle fait aussi des chroniques science à la radio. Elle
est rédactrice en chef de l'Omniscient, le journal de l'Association des
communicateurs scientifiques.
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