Bulletin L’Indépendant

août 2010

Le succès invite le succès: Esther Pilon

Le «petit tank divertissant»
Par Marie-Claude Élie Morin

«Ton papier fait douze feuillets. Ça m’intéresse, mais faudrait que t’en coupes six ». C’est à Esther Pilon que je dois mon baptême dans le « vrai » monde de la pige. Quelque part en 2003, tannée d’écrire des biographies insipides pour le 7 Jours, j’avais cogné à la porte du ICI, où elle occupait le poste de chef de pupitre société. Un peu beaucoup novice, je lui avais envoyé, on spec, une entrevue-fleuve avec Greg Palast, un auteur américain qui avait enquêté sur les magouilles électorales de George W. Bush. Elle ne m’a pas prise par la main, elle n’a pas fait dans la dentelle, et elle m’a rendu un très grand service en m’apprenant à couper dans le gras.

 

Des années plus tard, assise sur sa terrasse à grignoter des olives et à boire du vin, je trouve qu’elle n’a pas changé – ou si peu. Si elle dit « oui, oui, je sais » quand je lui raconte mes histoires de cœur, ce n’est pas parce que je l’ennuie, mais bien parce qu’elle a déjà deviné toute l’intrigue il y a une demi-heure. Elle se décrit elle-même comme un « petit tank divertissant », mais moi, je la trouve pas mal plus vite qu’un tank, si petit soit-il.

 

On ne s’étonne pas que des producteurs et réalisateurs sur des émissions convoitées – d’abord à Infoman, ensuite à Christiane Charette et aujourd’hui à Club Social à TV5- soient venus lui chanter la pomme. Elle a le don de trouver LE sujet de l’heure : le truc amusant, intrigant, un peu provocant, qui fait réfléchir à nos travers de société.

 

Mais ce n’est pas juste un don. Esther, c’est une battante. Une fille qui n’a pas peur de travailler fort. Alors qu’elle pourrait se la couler douce tout l’été en vacances de « son » Club Social, elle préfère aller donner un coup de main sur l’équipe de Bons Baisers de France.

 

Et justement parce qu’elle bosse beaucoup, ça l’emmerde un peu d’avoir l’impression d’être considérée comme étant moins journaliste parce qu’elle porte aujourd’hui le chapeau de recherchiste. Son nom n’apparaît peut-être plus aussi souvent en caractères imprimés, mais elle a la chance de travailler sur des dossiers hyper stimulants, et la possibilité de prendre part en amont au processus créatif et éditorial des émissions sur lesquelles elle travaille. Sa signature est encore bien là.

 

En attendant que quelqu’un ait la bonne idée de lui mettre un micro entre les mains pour qu’elle nous livre elle-même ses reportages…

 

 


 

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