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Un Saguenéen au Kremlin Par Simon Coutu Frédérick Lavoie a eu
l’audace de faire ses valises et de s’envoler pour la Russie il y a déjà deux
ans. Moscou est devenu son QG, entre deux voyages en Iran ou dans une ancienne
république soviétique. Un correspondant inspirant qui rêve d’inculquer une
réelle culture du journalisme international au Québec. L’entrevue formelle avec
Frédérick s’est vite transformée en une discussion entre deux journalistes qui
veulent bouffer la planète. Le Saguenéen de 26 ans publie et diffuse ses
reportages dans plus d’une quinzaine de médias. «Quand je suis à Moscou, c’est
parce que j’ai du travail, dit-il. Lorsque je quitte ma base, c’est pour la
même raison. Ça fait deux ans que je n’ai pas l’impression de stagner. J’ai
toujours l’impression d’apprendre.» Sur la route Il y a cinq ans, Frédérick
Lavoie s’est rendu une première fois en Russie dans le cadre d’études au Centre
interuniversitaire Québec-Moscou. Il parle maintenant la langue de Dostoïevski
couramment. Trois ans plus tard, le retour en Russie s’est imposé. «Comme
journaliste, quand tu parles russe, t’es pogné avec ça!» Après son stage à La Presse,
celui qui rêvait autrefois d’être correspondant sur la Colline parlementaire a
compris qu’une salle de rédaction était trop exiguë pour ses ambitions. Il est
alors retourné sur les bancs d’école pour faire la maîtrise en journalisme
international de l’Université Laval. Au Québec, Frédérick s’est
fait connaître du public en 2006 lorsqu’il s’est fait arrêté lors d’une
manifestation en Biélorussie. Plusieurs lui ont reproché d’avoir utilisé un
visa de touriste alors qu’il faisait des reportages. «On a déjà dit que je faisais
du journalisme à la "Jackass". Ces gens n’ont pas compris ma
démarche. Cela dit, je crois que je ne referais pas les mêmes erreurs.» L’importance du pigiste Au mois de juin, Frédérick a
couvert les élections iraniennes, visa de touriste en poche. «Je milite pour la
liberté de presse, dit-il. Si le prix à payer est de mentir à une dictature ou
à un régime autoritaire, ça ne me dérange pas.» Il a vendu ses reportages en
Iran à une douzaine de médias, en utilisant un pseudonyme. «Je prends les
moyens pour avoir de l’information. Tous les journalistes ont été contraints de
quitter le pays. J’avais la possibilité de couvrir des événements dont les
agences de presse n’avaient pas accès. Comme pigiste, ce genre de décision est
plus facile parce qu’on ne représente pas un média en particulier.» Mais il croit que le Québec
a bien du chemin à faire avant d’égaler l’Europe dans sa compréhension du
journaliste pigiste qui vit à l’étranger et qui doit payer pour ses
déplacements. «On sous-estime leur importance. Les pigistes à l’international
sont importants parce qu’ils permettent à un média de couvrir la planète
entière.» |
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