Bulletin L’Indépendant

décembre 2009

Le succès invite le succès : Frédérick Lavoie

Un Saguenéen au Kremlin

Par Simon Coutu

 

Frédérick Lavoie a eu l’audace de faire ses valises et de s’envoler pour la Russie il y a déjà deux ans. Moscou est devenu son QG, entre deux voyages en Iran ou dans une ancienne république soviétique. Un correspondant inspirant qui rêve d’inculquer une réelle culture du journalisme international au Québec.

 

L’entrevue formelle avec Frédérick s’est vite transformée en une discussion entre deux journalistes qui veulent bouffer la planète. Le Saguenéen de 26 ans publie et diffuse ses reportages dans plus d’une quinzaine de médias. «Quand je suis à Moscou, c’est parce que j’ai du travail, dit-il. Lorsque je quitte ma base, c’est pour la même raison. Ça fait deux ans que je n’ai pas l’impression de stagner. J’ai toujours l’impression d’apprendre.»

 

Sur la route

Il y a cinq ans, Frédérick Lavoie s’est rendu une première fois en Russie dans le cadre d’études au Centre interuniversitaire Québec-Moscou. Il parle maintenant la langue de Dostoïevski couramment. Trois ans plus tard, le retour en Russie s’est imposé. «Comme journaliste, quand tu parles russe, t’es pogné avec ça!»

 

Après son stage à La Presse, celui qui rêvait autrefois d’être correspondant sur la Colline parlementaire a compris qu’une salle de rédaction était trop exiguë pour ses ambitions. Il est alors retourné sur les bancs d’école pour faire la maîtrise en journalisme international de l’Université Laval.

 

Au Québec, Frédérick s’est fait connaître du public en 2006 lorsqu’il s’est fait arrêté lors d’une manifestation en Biélorussie. Plusieurs lui ont reproché d’avoir utilisé un visa de touriste alors qu’il faisait des reportages. «On a déjà dit que je faisais du journalisme à la "Jackass". Ces gens n’ont pas compris ma démarche. Cela dit, je crois que je ne referais pas les mêmes erreurs.»

 

L’importance du pigiste

Au mois de juin, Frédérick a couvert les élections iraniennes, visa de touriste en poche. «Je milite pour la liberté de presse, dit-il. Si le prix à payer est de mentir à une dictature ou à un régime autoritaire, ça ne me dérange pas.»

 

Il a vendu ses reportages en Iran à une douzaine de médias, en utilisant un pseudonyme. «Je prends les moyens pour avoir de l’information. Tous les journalistes ont été contraints de quitter le pays. J’avais la possibilité de couvrir des événements dont les agences de presse n’avaient pas accès. Comme pigiste, ce genre de décision est plus facile parce qu’on ne représente pas un média en particulier.»

 

Mais il croit que le Québec a bien du chemin à faire avant d’égaler l’Europe dans sa compréhension du journaliste pigiste qui vit à l’étranger et qui doit payer pour ses déplacements. «On sous-estime leur importance. Les pigistes à l’international sont importants parce qu’ils permettent à un média de couvrir la planète entière.»

 

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