Bulletin L’Indépendant

novembre 2008

Le succès invite le succès : Marie-Eve Cousineau

Marie-Eve Cousineau : pigiste et globe-trotter

Par Dominique Forget

«Ma» pigiste, je l’admire à distance. En fait, je ne l’ai jamais rencontrée. Pas grave. Je la découvre à travers ses textes, nombreux d’ailleurs. Difficile de mettre le nez dans les magazines du Québec pendant un mois sans voir quelque part le nom de Marie-Eve Cousineau.

J’aime la rigueur de ses textes. La polyvalence des sujets aussi. Tiens, le mois dernier, elle publiait un papier sur les oiseaux migrateurs dans L’actualité. Huit milliards (!) d’oiseaux quittent le Canada chaque année pour migrer vers le sud. Qui l’eut cru ? Elle signait un autre article sur le syndrome de l’imposteur, dans Affaires Plus cette fois. Depuis la parution de l’article, au moins trois de mes amis se sont auto-diagnostiqué le syndrome en lisant le texte de Marie-Eve. Il faut croire qu’elle a tapé dans le mille.

Mais c’est surtout pour son audace que je l’admire. Avec six années d’expérience à la pige, elle a déjà quatre grands reportages en Afrique sous la ceinture. Dont trois qu’elle a financés elle-même. Il faut dire que son article sur l’industrie du textile au Lesotho lui a valu un prix de journalisme économique de 5 000 $, décerné conjointement par la Caisse de dépôt et placement du Québec et Merril-Lynch. Les profits ont été aussitôt réinvestis dans un reportage au Burkina Faso, sur l’industrie du coton. Sa dernière aventure sur le terrain, sur la trace des Chinois au Gabon, a reçu l’appui de la bourse Nord-Sud de la FPJQ.

Il n’y a pas que l’Afrique qui fait vibrer Marie-Eve lorsque vient le temps de concocter des reportages internationaux. En 2007, elle a remporté une bourse Air France, toujours avec la FPJQ, et s’est envolée vers la Suisse, pour témoigner de la construction du plus long tunnel ferroviaire au monde, celui du Saint-Gothard, dans les Alpes. Il faudra patienter encore un peu avant de lire ce dernier reportage.

Lire les papiers de Marie-Eve, c’est bien. Mais la questionner directement, c’est encore mieux ! Cette chronique était l’occasion idéale de décrocher le téléphone et de lui poser quelques questions.

Aime-t-elle la pige ? Oui, même si elle juge que les émoluments ne sont pas à la hauteur de son travail. Elle ne ferme d’ailleurs pas la porte à l’idée de troquer un jour ses horaires flexibles contre un job steady dans une salle de rédaction.

Pourquoi est-elle fascinée par l’Afrique ? Le continent l’attire depuis son jeune âge, me dit-elle. Probablement en raison de son caractère mystique, exotique. Mais si elle y retourne toujours, c’est avant tout pour les gens, les rencontres.

Et sa prochaine destination ? «C’est un secret bien gardé», me répond-elle du tac au tac. Ce sera en Afrique, c’est tout ce qu’elle est prête à dévoiler. Je reste sur ma faim. Il faudra que je continue à suivre sa carrière dans les magazines pour découvrir la réponse. Je suis partante !

 

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