Bulletin L’Indépendant

décembre 2008

Le succès invite le succès : Mélanie St-Hilaire

Mélanie Saint-Hilaire, l’artisane

Par Marie-Eve Cousineau

La pêche, Mélanie Saint-Hilaire connaît. Les rédacteurs en chef adorent l’y envoyer. Car la journaliste ramène toujours — ou presque — un poisson. Du pur délice… Comme ce pique-nique aux écrevisses, en Louisiane, auquel elle a participé lors d’un voyage de presse et qu’elle a décrit dans L’actualité : « Et casse le cou, et pince la queue, et jette la carapace ! Ça gicle, ça poisse, ça sent le bayou. Les rires explosent comme des fleurs de magnolia. »

Pigiste depuis près de dix ans, Mélanie Saint-Hilaire a fait sa marque dans le monde du magazine, notamment dans L’actualité, Québec Science, la Gazette des femmes et Sélection Reader’s Digest. J’envie sa plume aiguisée — fleurie, mordante, quand il le faut — aux images évocatrices. « Chez Nelly Arcan, écrit-elle dans L’actualité, la philosophie s'exhibe toujours en bikini. » De la poète Hélène Dorion, elle illustre, dans L’actualité, son « rire vibrant et sonore — une bourrasque dans une corde à linge ».

Mélanie Saint-Hilaire ne sombre jamais dans la facilité. Ses histoires, elle les coud, les découd et les recoud dans son atelier, un petit condo situé à Québec, où elle se terre avec son chum et ses deux chats. Quitte à s’empêtrer dans le fil... « Je suis épouvantablement lente! », dit la portraitiste reconnue de 34 ans, qui aime faire dans la dentelle.

Mélanie est une amie. Une grande sœur journaliste, aussi. J’ai appris à la connaître en 2006, alors qu’elle remplaçait la rédactrice en chef adjointe de la Gazette des femmes. En plus d’avoir une belle plume, elle a les qualités de la patronne idéale : compétente, professionnelle, disponible, généreuse de commentaires et empathique — surtout lorsqu’elle nous demande de réécrire un texte!

La reporter connaît les aléas du métier. Fille de journalistes (son père est critique de théâtre au journal Le Soleil, sa mère est responsable des stages en journalisme à l’Université Laval), elle a travaillé à titre de surnuméraire au Soleil, avant de faire le saut à la pige, en magazine. Depuis, elle a effectué, entre autres, des stages en Allemagne au quotidien Münchner Merkur et au magazine Focus — elle possède un diplôme en études allemandes. En 2008, elle a gagné la bourse « La vie en rose » pour rédiger un reportage sur le Viagra féminin.

Après dix ans à la pige, Mélanie Saint-Hilaire pose un regard lucide sur son statut. Faite de hauts et de bas, la vie de pigiste « use ». Elle ne compte pas la quitter pour le moment. Mais elle se « planquera » peut-être un jour dans une salle de rédaction de Québec. Et qui sait, peut-être réalisera-t-elle son vieux rêve d’écrire de la nouvelle, comme Lucy Maud Montgomery, auteure qui a bercé son enfance. « Mais beaucoup de journalistes font de très mauvais écrivains… », se raisonne Mélanie.

 

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