Par Jean-Pierre Bstien
Je me souviens de mon retour à
l’UQAM en 2006, après avoir passé un an en Argentine. J’ouvre
le Montréal Campus et je tombe sur un article signé de Jérusalem.
Le journal étudiant de l’UQAM s’était-il lancé dans l’information
internationale avec un réseau de correspondants à l’étranger? Pas
du tout. C’était Simon Coutu, alors étudiant en journalisme, qui
avait passé ses vacances d’été en Israël et en Palestine.
Loin du carnet de voyage simplet, Simon
écrivait déjà des articles présentant un regard original et
éclairé sur le conflit au Moyen-Orient. Tout ça après seulement
une année d’études. Décollage précoce, s’il en est un, pour
ce journaliste indépendant qui a décidé de mettre sa carrière de
saxophoniste de côté pour se réorienter vers le journalisme.
Mais c’est normal. Parce que Simon
sait où il s’en va. Il s’en va ailleurs. Et il y est allé
à plus d’une reprise au cours des dernières années. Pakistan, Haïti,
Kenya, Kosovo. Pas question de commencer par les endroits tranquilles
et douillets. La misère, la pauvreté, les bidonvilles, les camps de
réfugiés et les conflits, c’est ce qui motive notre homme.
Et ses escapades ne passent pas inaperçues.
Quel journaliste de 25 ans peut se vanter d’avoir collaboré à
L’actualité, La Presse, Désautels et Dimanche
Magazine? À le voir aller, il ne faut pas croire ceux qui disent
aux jeunes journalistes de commencer au bas de l’échelle. D’ailleurs,
s’il avait écouté ce qu’on lui disait à l’époque de ses études
en journalisme (« les pigistes qui vivent bien au Québec se comptent
sur les doigts d’une main »), Simon ne serait même pas journaliste
indépendant. Mais il en fait à sa tête et sa détermination rime
aujourd’hui avec succès.
Sa jeunesse lui a d’ailleurs ouvert
davantage de portes que l’inverse. Simon souligne la facilité avec
laquelle il parvient à tisser des liens avec des jeunes locaux lorsqu’il
est en reportage à l’international. Ces nouveaux amis lui servent
ensuite de guide, de traducteur ou de ressource essentielle pour bien
saisir la réalité dans laquelle il est parachuté. Évidemment, on
le voit déjà correspondant à l’étranger (à Jérusalem, selon
ses préférences), mais Simon se plaît bien à financer ses reportages
internationaux avec des piges alimentaires lorsqu’il est de passage
à Montréal.
On aura beau dire que la clé du journalisme
indépendant c’est la discipline, Simon se décrit comme un indiscipliné
chronique. C’est peut-être pour ça qu’il arrive à peine à respirer
entre deux piges. Mais Simon carbure au stress des échéanciers et
c’est ce qui le force à remettre ses papiers à temps.
Sans oublier que chaque article terminé signifie pour lui un pas de plus vers le prochain départ à l’étranger. Dans ce cas-ci, l’Afrique du Sud en janvier!
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