Bulletin L’Indépendant

novembre 2009

Le succès invite le succès : Simon Coutu

Par Jean-Pierre Bstien

Je me souviens de mon retour à  l’UQAM en 2006, après avoir passé un an en Argentine. J’ouvre le Montréal Campus et je tombe sur un article signé de Jérusalem. Le journal étudiant de l’UQAM s’était-il lancé dans l’information internationale avec un réseau de correspondants à l’étranger? Pas du tout. C’était Simon Coutu, alors étudiant en journalisme, qui avait passé ses vacances d’été en Israël et en Palestine. 

Loin du carnet de voyage simplet, Simon écrivait déjà des articles présentant un regard original et éclairé sur le conflit au Moyen-Orient. Tout ça après seulement une année d’études. Décollage précoce, s’il en est un, pour ce journaliste indépendant qui a décidé de mettre sa carrière de saxophoniste de côté pour se réorienter vers le journalisme. 

Mais c’est normal. Parce que Simon sait où il s’en va.  Il s’en va ailleurs. Et il y est allé à plus d’une reprise au cours des dernières années. Pakistan, Haïti, Kenya, Kosovo. Pas question de commencer par les endroits tranquilles et douillets. La misère, la pauvreté, les bidonvilles, les camps de réfugiés et les conflits, c’est ce qui motive notre homme. 

Et ses escapades ne passent pas inaperçues. Quel journaliste de 25 ans peut se vanter d’avoir collaboré à L’actualité, La Presse, Désautels et Dimanche Magazine? À le voir aller, il ne faut pas croire ceux qui disent aux jeunes journalistes de commencer au bas de l’échelle. D’ailleurs, s’il avait écouté ce qu’on lui disait à l’époque de ses études en journalisme (« les pigistes qui vivent bien au Québec se comptent sur les doigts d’une main »), Simon ne serait même pas journaliste indépendant. Mais il en fait à sa tête et sa détermination rime aujourd’hui avec succès. 

Sa jeunesse lui a d’ailleurs ouvert davantage de portes que l’inverse. Simon souligne la facilité avec laquelle il parvient à tisser des liens avec des jeunes locaux lorsqu’il est en reportage à l’international. Ces nouveaux amis lui servent ensuite de guide, de traducteur ou de ressource essentielle pour bien saisir la réalité dans laquelle il est parachuté. Évidemment, on le voit déjà correspondant à l’étranger (à Jérusalem, selon ses préférences), mais Simon se plaît bien à financer ses reportages internationaux avec des piges alimentaires lorsqu’il est de passage à Montréal. 

On aura beau dire que la clé du journalisme indépendant c’est la discipline, Simon se décrit comme un indiscipliné chronique. C’est peut-être pour ça qu’il arrive à peine à respirer entre deux piges. Mais Simon carbure au stress des échéanciers et c’est ce qui le force à remettre ses papiers à temps. 

Sans oublier que chaque article terminé  signifie pour lui un pas de plus vers le prochain départ à l’étranger. Dans ce cas-ci, l’Afrique du Sud en janvier!

 

Commentaires: 0

Écrire un commentaire

S’abonner au fil RSS

© Tous droits réservés, Association des journalistes indépendants du Québec

1124, rue Marie-Anne Est, bureau 12
Montréal (Québec) H2J 2B7
(514) 529-3105