Bulletin L’Indépendant

septembre 2009

Un pigiste inspirant : Peter Diekmeyer

Les conseils d'un pro

Par Mélissa Guillemette

Peter Diekmeyer s’amuse enfin. Après avoir été comptable, graphiste, militaire et gardien de sécurité d’un institut psychiatrique, ce diplômé de l’Université Concordia a trouvé sa voie lorsqu’il est « tombé » dans le monde de la pige, en 1998. « Tombé », car le journaliste et chroniqueur économique aime dire qu’il est venu au journalisme car c’était le seul métier qu’il n’avait pas encore essayé! Conversation téléphonique avec un cynique des plus sympathiques. Ça sonne...pour notre incursion dans le monde de la pige côté anglophone.

Pourquoi avez-vous choisi la pige plutôt que le statut de salarié?
Je ne suis pas capable de travailler avec du monde, je suis donc le profil idéal pour ca. Je suis capable de me concentrer intensément seulement pour une courte période de temps, alors c’est mieux que je sois seul. Je peux travailler sur un dossier quelques minutes et passer à un autre lorsque je suis tanné. Je ne suis pas du genre à jaser la moitié de la journée dans une salle de rédaction...

Quand j’ai commencé à gagner ma vie comme journaliste, je devais faire un article dans un club de yacht et j’ai rencontré un journaliste de la Gazette qui couvrait le sport amateur depuis 20 ans en espérant couvrir un jour les Canadiens. Je ne pourrais jamais attendre 20 ans pour faire ce qui m’intéresse; j’ai besoin de plus que ça et la pige me le permet. Ce qui me motive, c’est la curiosité. C’est de toujours travailler à des choses différentes. Vous avez fait des centaines d’entrevues avec des grands patrons d’entreprises.

Un tuyau pour interviewer une grande pointure?
Je ne pose jamais de question dont je ne connais pas déjà la réponse! Les gens « importants » ne disent jamais des choses qu’on ne sait pas déjà! Une entrevue avec l’un d’eux, c’est comme un jeu : il te le dit, tu l’écris!

Un autre conseil : si c’est au téléphone, toujours garder les batteries de téléphone chargées... (dit-il après que la ligne ait coupé!)

Vous avez pratiquement fait le tour du monde pour écrire, avez-vous un conseil pour maximiser le temps passé à l’étranger?
Il y a 200 pays. Chacun est différent. Mais en général, si c’est un pays riche, le truc est de lire les journaux locaux et de reprendre un article qu’on aime, en l’adaptant à la réalité du Québec. En général, les gens d’ici ne lisent pas les journaux internationaux. Pour les pays pauvres, les journalistes là-bas ne gagnent presque rien. Alors le truc est d’en engager un comme fixer (guide) et de lui demander de te présenter les personnes pertinentes pour ton travail, car ils les connaissent déjà. Et là, c’est très facile. Les journalistes qui ont des fixers ne travaillent pas fort; ils ne font presque rien!

Comment vous informez-vous?
Il y a deux hebdomadaires où les anglophones trouvent toutes leurs idées : The Economist et The New Yorker. Ce sont des sources à des niveaux profonds qui permettent de savoir où s’en va la pensée intellectuelle dans le monde anglophone. Au quotidien, je consulte le Drudge Report, le New York Times et le Asia Times. Ça, c’est une des sources les plus sous-estimés, mais elle est super. Souvent, les journalistes ici véhiculent des mensonges sans le savoir. Regarder ce qui se dit à l’autre bout de la planète peut apporter beaucoup de vérité. La crise financière, le Asia Times l’a vu venir quelques années en avance.

Quels sont vos principaux clients?
J’ai un gros éventail de clients, je ne travaille pas pour les mêmes chaque semaine. Mais pour faire une liste, il y a la Défense canadienne, le Canadian Grocer, le site Bankrate.ca et je fais chaque année une série de profils de PME pour le National Post. Ce sont toutes des petites affaires qui finissent par faire une job!

 

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