Bulletin L’Indépendant

janvier 1995

Profession: recherchiste. Le département des miracles

Par Nathalie Lemieux

Samedi, 9h30. Sylvie est tirée du lit par une alarme stridente qui lui est pourtant familière: le téléphone.

- Bonjour mademoiselle, je vous appelle pour vous dire que je ne veux plus participer à votre reportage. Mon avocat me le déconseille fortement.
- Quoi! Mais on doit tourner lundi...
- Écoutez, j'ai changé d'avis; débrouillez-vous sans moi. Au revoir.

Sylvie Généreux est recherchiste pour l'émission Consommaction, produite par Coscient et diffusée à Radio-Québec. Des situations stressantes, elle en a vu d'autres. "Quand on est recherchiste, on apprend à se débrouiller vite... Très vite." Elle prépare en moyenne deux reportages par semaine, tout comme sa collègue, Louise Denoncourt. Un rythme d'enfer.

Les recherchistes sont responsables du contenu des reportages. Elles cherchent? Elles trouvent... "Finalement, c'est moi qui décide qui on va interviewer et comment on va l'interviewer! C'est en parlant à plusieurs personnes que j'arrive à recueillir des informations et à faire des choix." Pour Louise, la recherche est une étape essentielle dans la réalisation d'un reportage.

Les recherchistes de l'émission Consommaction participent également au choix des sujets. "Mais les sujets sont souvent choisis lors de la réunion de production, lance Sylvie. Il arrive aussi qu'on détermine des angles de traitement à l'avance. En fouillant un peu, je m'aperçois bien souvent que la façon de traiter un sujet n'est pas toujours réaliste ou réalisable... Alors je trouve autre chose!"

Sylvie et Louise entretiennent une communication régulière avec les autres membres de leur équipe. Réalisateurs et chroniqueurs sont tenus au courant des moindres changements au programme. Elles produisent également un rapport de recherche. Tout y est: description du contenu et angle de traitement, questions à poser, résumé des pré-entrevues avec des experts, horaire et lieux de tournage...

Les recherchistes sont responsables de l'exactitude du contenu informatif des reportages, elles sont soumises au même code d'éthique que les journalistes.

"J'ai de la chance, dit Louise. Chaque jour, je parle à des gens passionnés qui connaissent bien leur sujet et qui me donnent le meilleur de leur connaissance. Je travaille pour apprendre!"

Samedi, 13h. Sylvie a épluché les pages jaunes, elle a fait quelques entrevues, elle a rencontré et interviewé un invité potentiel, elle a pu trouver un lieu de tournage... On dit des recherchistes qu'elles travaillent au "département des miracles". Sylvie a en tous cas réussi l'impossible. Le tournage aura lieu lundi, comme prévu.

(Première publication: L'indépendant, janvier 1995. Toute reproduction de ce texte est autorisée et encouragée... si l'auteur est d'accord.)

 

Commentaires: 0

S’abonner au fil RSS

© Tous droits réservés, Association des journalistes indépendants du Québec

1124, rue Marie-Anne Est, bureau 12
Montréal (Québec) H2J 2B7
(514) 529-3105