Par Jean-François Barbe
À 28 ans, le journaliste et chroniqueur pigiste (membre de l'AJIQ) Steve Proulx publie son deuxième livre, Les Saisons du Parc Belmont, 1923-1983 (Libre Expression). Publier un livre n'est déjà pas une sinécure; dans un petit marché comme le Québec, c'est de l'héroïsme. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Q.: Ton premier livre, intitulé Boycott (Les Intouchables, 2003), t'a-t-il rapporté de l'argent?
R.: Il a été publié à 5000 exemplaires au Québec et il a été, en mai dernier, publié en France. Les Italiens viennent d'acheter les droits de traduction. À date, les droits de l'édition québécoise m'ont rapporté 8262,39$. J'y ai travaillé à mi-temps pendant trois ou quatre mois. J'y ai surtout gagné en notoriété: à la suite de cela, le magazine Protégez-Vous m'a confié un contrat de 5000$ et je suis devenu collaborateur chez Elle Québec. En outre, cela m'a apporté une meilleure crédibilité dans des dossiers environnementaux ou touchant à des causes sociales.
Q.: Comment s'est passé l'aventure du Parc Belmont?
R.: Je travaillais déjà sur le sujet en tant que journaliste, j'ai proposé l'idée d'un livre à des éditeurs. Libre Expression m'a proposé de leur envoyer un manuscrit final. C'était un risque, puisqu'il n'y avait pas de contrat signé. Je constate qu'être journaliste constitue vraiment un plus, car on sait écrire.
Q.: Le jeu en a-t-il valu la chandelle?
R.: Les Saisons du Parc Belmont a représenté quatre à cinq mois de travail à mi-temps. J'ai dû mettre entre parenthèses les contrats les moins payants. En bout de piste, l'investissement est en moi-même, dans ma carrière, ce qui est potentiellement intéressant.
Q.: Un conseil pour ceux qui sont tentés d'écrire un livre?
R.: Chercher à s'amuser, avant tout. Ce n'est pas un revenu d'appoint assuré. Je n'aurais pas fait tout ça si je n'y avais pas pris plaisir.
(Première publication: L'indépendant électronique, octobre 2005. Toute reproduction de ce texte est autorisée et encouragée... si l'auteur est d'accord.)
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