Bulletin L’Indépendant

octobre 2007

Tête-à-tête avec Denise Proulx

Par Jean-François Barbe

Denise Proulx, 28 ans d'expérience dans le milieu journalistique, spécialisée en environnement et agriculture, est co-auteure d'un tout nouveau livre: Porcheries! La porciculture intempestive au Québec (Éditions Écosociété, Montréal), sur la cohabitation sociale en milieu rural. Elle répond à nos questions. (Pardonnez le tutoiement, mais tout le monde se connaît dans le petit milieu ajiquien!)

Q.: Tu as la réputation de bien gagner ta vie en pratiquant une convergence intelligente: tu exploites les mêmes matériaux en journalisme écrit, en télé, en enseignement, des expositions (par exemple, tu as collaboré à une expo de photographies sur Chernobyl) et maintenant, dans le monde du livre.

R.: Et c'est de plus en plus le cas! Je multiplie la durée et la visibilité. Un article de journal dure un jour et une exposition, un mois. Et il y a toutes sortes de manières d'être sensible à une réalité, car un même sujet peut être traité de différents angles. Voici un exemple: récemment, j'ai su qu'un médecin avait acquis une fiducie afin de préserver une propriété. Ma chronique pour le magazine L'Actualité médicale a traité du sujet sous l'angle du médecin, et j'ai publié un texte dans la revue La Maison du 21e siècle sous l'angle de la fiducie.

Q.: Est-ce une méthode de survie?

R.: C'est une méthode de plaisir! Je veux avoir du plaisir dans ce que je fais, et je fais ce que j'aime dans une proportion, disons, de 90%. Je sais que je ne pourrais pas exceller dans tout, puisque je n'ai pas le talent nécessaire pour aborder tous les sujets. On est bien dans ce que l'on aime.

Q.: Que représente ce livre sur la porciculture?

R.: C'est l'aboutissement de cinq ans d'études à temps partiel en sociologie à l'UQAM. Je m'étais rendue compte, lorsque j'ai couvert le Sommet mondial du développement durable à Johannesbourg en 2002, qu'il y avait un vide dans la recherche sur la définition du social dans le développement durable. C'est ce que j'ai travaillé et, cinq ans après, ces études m'ont complètement transformée. J'ai notamment beaucoup appris sur les méthodes de recherche. Il faut toujours questionner les biais de l'expert: quelles sont ses valeurs sociales, croit-il davantage en sa carrière qu'à son objet d'étude?

Q.: Quels sont tes projets?

R.: Le développement de Gaïa Presse, un portail de nouvelles sur l'environnement, dont je suis responsable du côté journalisme et idéation. C'est ce qui me fera vivre dans mes vieux jours...

  • Porcheries! La porciculture intempestive au Québec (Éditions Écosociété, Montréal).
  • Gaïa Presse.
  • (Première publication: L'indépendant électronique, octobre 2007. Toute reproduction de ce texte est autorisée et encouragée... si l'auteur est d'accord.)

     

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