Bulletin L’Indépendant

novembre 2000

Un automne chaud: exigez un contrat AJIQ

Par Lyne Fréchet

Au cours des derniers mois, l'AJIQ a reçu de nombreux appels de pigistes désemparés: devons-nous signer ou non la renonciation aux droits d'auteur? À ce genre de question, l'AJIQ ne peut donner qu'une seule réponse: pour que ces pratiques cessent, il faut se regrouper et faire en sorte qu'une masse critique de pigistes refusent de signer.

Dans le milieu, la confusion est grande. Certains ont déjà signé, d'autres signent les contrats en échange de compensations monétaires, d'autres limitent la durée du contrat, d'autres encore refusent de signer et doivent aller travailler ailleurs. Les éditeurs entretiennent la confusion en concluant des ententes particulières avec certains et en refusant à d'autres toute modification à leur contrat.

Aussi, pour clarifier la situation, éviter l'arbitraire et faire respecter nos revendications légitimes, l'AJIQ a décidé de clarifier ses positions et de préparer pour l'automne une réplique massive des journaliste indépendants. Lorsque nous nous serons entendus sur certains principes généraux, nous demanderons à tous les pigistes d'exiger le contrat-type de l'AJIQ.

Le 21 octobre prochain, vous êtes conviés à une assemblée générale très spéciale. Nous y ferons un bilan de nos actions et nous adopterons des résolutions déterminantes pour l'avenir. Nous joignons à cet envoi de L'Indépendant le contrat type de l'AJIQ préparé Me Marie Pépin, Me Normand Tamaro en collaboration avec un groupe de journalistes pigistes. Ce contrat sera au c¦ur des débats de l'assemblée générale et nous attendons dès maintenant vos commentaires sur la liste de discussion.

Voir et Hour, rien n'est réglé

À ce jour, treize journalistes pigistes des revues Voir et Hour ont perdu leurs contrats parce qu'ils ont refusé de signer la cession de droits de l'éditeur assortie d'une lettre de renonciation à leurs droits passés. Communications Voir a aussi refusé de publier la réplique de l'AJIQ à l'éditorial de Richard Martineau qui nous accusait de mener une campagne mensongère. Nous avons aussitôt déposé une plainte auprès du Conseil de presse du Québec et nous attendons qu'une décision soit rendue.

Puisque les médias (exception faite du Devoir et de Dimanche magazine de Radio-Canada) semblent considérer que la lutte des pigistes de Voir et de Hour n'est pas d'intérêt public et n'y ont consacré aucun reportage, nous présentons dans ce numéro un rappel du litige entre les journalistes pigistes et Communications Voir.

Le résultat de la crise qui a éclaté chez Communications Voir a été perçue par plusieurs comme une grande victoire des éditeurs. À l'AJIQ, nous craignons aussi que le contrat imposé par Voir à ses pigistes ne serve d'exemple à d'autres éditeurs. Malgré tout cela, j'aimerais vous laisser sur une note d'espoir:

Les éditeurs n'ont pas gagné parce que de plus en plus de pigistes nous téléphonent ou nous écrivent pour dire qu'ils en ont assez et qu'ils ont refusé de signer une cession de droits. Ils n'ont pas gagné parce qu'ici et là, des pigistes font preuve d'un courage exemplaire et préfèrent perdre un contrat plutôt que leur dignité.

  • Lire le contrat-type de l'AJIQ (commenté)
  • La version PDF du contrat-type
  • (Première publication: L'indépendant, novembre 2000. Toute reproduction de ce texte est autorisée et encouragée... si l'auteur est d'accord.)

     

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