Bulletin L’Indépendant

février 2009

Un pigiste inspirant : Michel Arseneault

Revendeur inc. / En direct de Paris

par Anick Perreault-Labelle

Pour Michel Arseneault, le journalisme n’est pas le métier le plus facile, même si c’est peut-être le plus amusant. Journaliste depuis 1978, pigiste depuis 1992, ex-salarié de L’actualité, du Devoir et de Radio-Canada, ce globe-trotter a notamment posé ses valises au Brésil, en République Démocratique du Congo et aux Émirats arabes unis.

Décris-moi un mois de travail typique ?
J’écris un article pour L’actualité. C’est mon principal client. Je fais aussi des neufs jours d’interviews pour Radio France International. Enfin, je vends des piges à différentes publications canadiennes ou européennes, comme la BBC, le Globe & Mail ou Le Monde. Il ne faut pas avoir peur d’écrire en anglais! Les médias anglophones distinguent, davantage que les francophones, le reporter qui va sur le terrain et les pupitreurs qui mettent les articles au propre.

Comment es-tu devenu pigiste?
J’ai quitté L’actualité pour un contrat d’un an à Radio-Canada. Puisque mon contrat n’a pas été renouvelé, j’ai décidé de déménager à Paris. Je n’avais rien à perdre! J’ai écrit des articles à la pige pour L’actualité, que je connaissais bien, et j’ai réalisé des reportages pour Radio-Canada. Au départ, je prévoyais rester un an à Paris. Mais cela fait déjà 15 ans que j’y suis!

Qu’est-ce qui te plaît dans la pige?
J’aime amener des débats sur la place publique. C’est le plaisir d’un pitbull qui, en mordant dans un fond de culotte, se rend compte que c’est encore plus juteux qu’il l’imaginait. Par exemple, j’ai abordé dans plusieurs articles le travail des enfants au Québec. Dans L’actualité, je traitais de leurs accidents de travail. Pour le magazine canadien Walrus, je me suis demandé pourquoi le Québec a abolit l’âge minimum pour avoir un emploi. Mon horaire de pigiste me plait aussi. C’est comme vivre en ville et travailler en banlieue : je prends les ponts à l’envers. Ça me fait gagner du temps. Par exemple, je fais mes courses l’après-midi, quand il n’y a personne.

Comment fidélises-tu tes clients?
Après avoir rendu un reportage, je relance rapidement les rédacteurs en chef avec une nouvelle proposition. Comme cela, j’ai toujours une bonne excuse pour les appeler. Résultat, ils pensent plus facilement à moi quand ils ont un sujet qu’ils ne savent pas trop à qui confier.

Gagnes-tu un revenu annuel digne de ce nom?
Oui, mais uniquement parce que je recycle mes articles. Par exemple, j’ai signé un papier dans L’actualité sur les bûcherons africains du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ensuite, j’ai revendu ce sujet, pourtant très québécois, au Globe & Mail, au site Internet de la BBC et au Monde!

 

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