Bulletin L’Indépendant
juin 2009
Par Mélissa Guillemette
La diplômée en journalisme de l’UQAM Lisa-Marie Gervais pige à gauche et à droite depuis qu’elle a terminé sa maîtrise en sciences politiques en France. Depuis, cette sympathique polyglotte de 30 ans multiplie les reportages à l’étranger ― et les clients― en plus de ses contrats au quotidien Le Devoir. Rencontre avec une pigiste qui a le monde dans la tête.
Qu’est-ce que tu aimes de la pige ?
C’est un peu cliché, mais j’aime la liberté du temps et du sujet. Il n’y a rien de plus trippant que d’avoir une idée qu’on a vraiment le goût de la travailler, de la présenter et qu’une rédaction l’accepte. C’est malheureusement de moins en moins possible de proposer des sujets. Les rédacteurs contrôlent leur produit et préfèrent commander selon leurs besoins. C’est dommage, car mes meilleurs textes sont ceux dont j’avais choisi le sujet.
Qu’est-ce qui t’inspire ?Je suis bien plus prolifique et allumée en voyage. Depuis 2006, je suis allée au Brésil, au Mali, au Mexique, en Afrique du Sud, en Colombie, en Argentine, au Paraguay pour des reportages. Quand je reviens d’un voyage comme ça, j’en aurais pour six mois à écrire! Même que c’est un problème, je n’ai jamais le temps de tout écrire en revenant. Puisque je passe deux à trois mois par année à l’étranger je n’ai donc jamais de panne de sujets.
Où t’informes-tu ?
Je m’abonne à des newsletters internet de magazines ou de publications ciblés selon ce qui m’intéresse, donc surtout l’international. Côté magazine, j’adore Monocle et le magazine XXI. En dehors du travail, je lis autre chose, car je ne veux pas constituer mon menu que d’information. Je suis une fan finie de Kapuscinski et j’ai beaucoup aimé le roman Hadassa [de Myriam Beaudoin].
Un tuyau pour sauver du temps ?
Côté écriture, c’est moi qui aurais besoin d’un truc, car je suis très lente ! Pour la collecte d’info, j’enregistre, mais je tape aussi l’entrevue sur mon portable au fur et à mesure pour éviter d’avoir à tout réécouter. Mais il faut un casque d’écoute !
Un tuyau pour les reportages à l’international ?
Quand on fait un voyage, on peut combiner les sujets. Il y a toujours notre un sujet principal, mais une petite visite touristique peut aussi donner un entrefilet ou un papier de tourisme. Il y a aussi toujours un sujet insolite, sujet féminin et un sujet environnemental. Il faut être polyvalent par contre…
Aussi, avant de partir, je lis les journaux locaux et je repère des journalistes qui ont couverts les sujets que je veux couvrir. Je leur écris un courriel, car il y a une très grande solidarité. On me donne souvent des contacts.
Commentaires: 0