Bulletin L’Indépendant

mai 2002

Une vente à écorner les boeufs

Par Raymond Bertin

Après quelques jours d'une chaleur bienfaisante sur Montréal, le samedi matin du 20 avril s'est levé frisquet. Qu'à cela ne tienne, dès neuf heures les bénévoles étaient à pied d'oeuvre pour faire de notre première vente de garage un succès. Des tables à monter, des boîtes à sortir, des livres à trier, des jeux, des disques. Autour de collections rares de magazines disparus, nous nous émouvons. Puis tout à coup arrivent les revendeurs à l'affût des bonnes affaires qu'il faudra refouler, au moins jusqu'à onze heures.

La ruelle adjacente au 1124, rue Marie-Anne Est n'est pas du côté soleil et sera balayée toute la journée par des vents froids. Malgré les chandails de laine et les manteaux, les bénévoles et les passants de plus en plus nombreux au fil des heures grelottent, se frottent les mains, tentent de trouver un petit coin ensoleillé. L'ambiance est bonne néanmoins, les appuis nombreux et chaleureux. De simples quidams s'informent, s'intéressent à notre cause, partagent nos inquiétudes sur le droit du public à une information de qualité dans le contexte actuel. Convergence, lock-out, mises à pied, cessions de droits forcées.

Plusieurs personnalités journalistiques passeront faire un tour, de Josée Blanchette à Gil Courtemanche, en passant par Gilles Gougeon, Lucie Pagé, Michel Desautels et Chantal Jolis, notamment, heureux d'avoir recueilli plusieurs signatures dénonçant le lock-out à Radio-Canada. Des amis, des membres de l'AJIQ, des écrivains, la directrice générale de Copibec, Hélène Messier, viendront nous saluer et repartiront avec des piles de bouquins. Faut dire qu'on en avait ramassés à la pelle des livres, de tous les styles et de toutes les époques.

Une vente dans le vent

Vers quinze heures, n'en pouvant plus de geler dans la ruelle, certains ont eu l'idée de transporter leur table sur le trottoir de la rue Marie-Anne, au soleil, se rapprochant du même coup des passants, nombreux à déambuler en ce samedi après-midi. Sur les tables, les livres ont le vent dans les feuilles... Il y a foule, les conversations sont animées, et mine de rien la monnaie emplit nos poches. À coup de un, deux, trois, dix dollars, nous aurons bientôt mille piastres!

Le bilan est fameux. Si l'on ajoute à celui-là le mille dollars octroyé par le secrétariat québécois de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, voilà de quoi renflouer un peu les caisses de l'AJIQ. Déjà, des projets naissent. Comme faire de la vente de garage un événement annuel récurrent. Puis, finalement, trop émus, nous avons choisi de ne pas mettre en vente les magazines rares. On parle d'une exposition, d'une vente aux enchères.

Quoi qu'il en soit, merci encore à tous les bénévoles et participants, aux donateurs et supporters. À Paul Rose, notre soutien infaillible à la CSN, qui a été présent toute la journée. À l'Éco-Quartier et à tous nos partenaires, qui ont rendu cette journée possible et nous ont permis d'en faire un succès. Oui, le 20 avril, l'AJIQ avait le vent dans les voiles.

(Première publication: L'indépendant, printemps 2002. Toute reproduction de ce texte est autorisée et encouragée... si l'auteur est d'accord.)

 

Commentaires: 0

S’abonner au fil RSS

© Tous droits réservés, Association des journalistes indépendants du Québec

1124, rue Marie-Anne Est, bureau 12
Montréal (Québec) H2J 2B7
(514) 529-3105