Communiqués

16 février 2000

L'AJIQ dénonce la campagne d'intimidation que subissent les journalistes pigistes

16 février 2000 - Désireux d'avoir les coudées franches pour exploiter le potentiel économique des nouveaux médias électroniques, les éditeurs québécois ont entrepris une campagne musclée pour faire signer aux journalistes pigistes des contrats de cession de droits.

Une dizaine d'entreprises de presse québécoises soumettent à leurs collaborateurs une entente par laquelle elles s'approprient tous leurs droits d'auteur, mondiaux et à vie, sans leur verser un cent de plus pour leurs articles. Sous des menaces à peine voilées, ces éditeurs de journaux et de magazines font comprendre à leurs collaborateurs que s'ils ne cèdent pas leurs droits en totalité, ils se passeront de leur service. L'AJIQ dénonce vigoureusement cette pratique d'intimidation et en conteste la légalité. Quelle est la valeur d'un contrat qu'un journaliste pigiste est obligé de signer tel quel, sans discussion possible et sous la menace de n'être plus requis pour ses services?

En réponse à ces gestes, l'AJIQ a décidé de rendre public les ententes connues que les éditeurs proposent à leurs collaborateurs. Ces éditeurs sont La Presse, Transcontinental, Publicor, Le Soleil, Rogers, Maclean Hunter et le Journal de Montréal. Le contrat du Soleil comporte une clause rétroactive par laquelle le journaliste cède également ses droits pour ses articles passés.

Alors que la majorité des causes pour violation des droits d'auteur portées devant les tribunaux contre des éditeurs, aux États-Unis et en Europe, ont été remportées par les journalistes, l'AJIQ s'explique mal ce comportement des patrons d'entreprises de presse du Québec.

Au Québec, l'Association des journalistes indépendants (l'AJIQ/FNC/CSN) a inscrit une poursuite de 30 millions de dollars contre plusieurs de ces éditeurs qui se sont placés en situation d'illégalité en autorisant CEDROM-SNi à reproduire des articles de pigistes sur une base de données électronique.

Nous sommes les premiers à déplorer le fait d'avoir eu à intenter une telle poursuite. Mais nous n'avions pas le choix car les éditeurs ont toujours refusé de signer avec les pigistes un contrat qui respecte leurs droits. Les droits sur nos articles passés sont le seul pouvoir de négociation que nous ayons.

Nous sommes conscients de la réalité économique dans le domaine de l'édition et nos demandes ne risquent pas de détruire l'industrie comme le prétendent certains éditeurs. Nous croyons simplement que la qualité de l'information passe par une plus grande sécurité des pigistes et des contractuels. Présentement, on profite de l'isolement des journalistes pigistes en refusant de discuter avec leurs représentants. Aussi, nous demandons que les éditeurs cessent ces pratiques que nous considérons abusives et rétrogrades à défaut de s'asseoir avec nous à la table des négociations.

 

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