2 juin 2000 - L'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) suspend de façon temporaire les moyens de pression exercés contre l'hebdomadaire culturel Voir, suite à des développements de dernière heure. Voir reprend le dialogue avec ses pigistes.
Depuis le début des moyens de pression, lundi, le président et éditeur Pierre Paquet a fait marche arrière et ne considère plus comme "exclus" de leur liste de collaborateurs réguliers, les pigistes qui avaient refusé de signer le contrat de cession de droits d'auteur et la renonciation à toute poursuite. Ainsi, les quatre pigistes qui avaient perdu leur emploi la semaine dernière ont été invités par l'éditeur à lui soumettre leurs doléances. L'éditeur serait prêt à revoir certaines clauses à leur demande, afin de les réintégrer au sein de son entreprise.
L'AJIQ suivra de près au cours des prochaines heures et des prochains jours l'évolution du dossier afin de s'assurer que les droits des pigistes du populaire hebdomadaire sont respectés. Il y a deux semaines, cinq des principaux collaborateurs de l'hebdomadaire ont été invités à signer un contrat par lequel ils céderaient leurs droits d'auteurs, et une déclaration par laquelle ils s'engageaient à ne pas poursuivre l'éditeur pour les violations au droit d'auteur passées, sans possibilité de les modifier. Les choix étaient clairs: signer ceci ou prenez la porte. Quatre d'entre eux ont refusé et se sont retrouvés sans emploi.
Si l'éditeur semble avoir assoupli sa position, l'AJIQ dénonce toutefois le climat dans lequel les pourparlers entre Voir et ses pigistes se sont déroulés, et démontre une fois de plus la nécessité d'une négociation globale entre les représentants des journalistes indépendants et les éditeurs en vue de l'instauration d'un contrat-type qui reconnaît et garantit les droits d'auteur des journalistes pigistes. Cette formule est déjà en application dans d'autres milieux où les travailleurs sont en majorité des pigistes, par exemple le milieu du cinéma et de la télévision, et évite aux pigistes à avoir à choisir entre leur gagne-pain et leurs droits, comme ça été le cas pour les collaborateurs de Voir depuis septembre dernier.
En effet, cela fait maintenant huit mois que Communication Voir tente d'arracher à ses pigistes tous leurs droits d'auteur sans aucune forme de compensation. Sans une résistance solidaire, avec le soutien de l'AJIQ, face aux menaces, les 40 collaborateurs de Voir auraient déjà perdu depuis belle lurette tous leurs droits. Jamais l'éditeur n'a reconnu à ses pigistes le droit d'être représentés par la seule organisation vouée à la défense des journalistes indépendants, bien qu'une quarantaine d'entre eux aient mandaté l'AJIQ à cet effet en octobre dernier.
Si le cas de Voir a défrayé la chronique ces derniers jours, c'est que ses pigistes se sont tenus debout depuis huit mois au risque d'y perdre leur travail. Or, chez une grande majorité d'éditeurs québécois, des contrats de cession de droits passablement plus scandaleux circulent toujours. Partout au Québec, les journalistes pigistes doivent renoncer à leurs droits sous peine de ne plus se voir commander de textes.
L'AJIQ appelle tous les journalistes indépendants québécois à suivre l'exemple de leurs confrères du Voir et ainsi faire appel à l'AJIQ pour leur venir en aide et dénoncer publiquement ceux qui agissent en toute illégalité.
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