Montréal, 9 décembre 2005 - L'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) réclame des éclaircissements à Philippe Cantin, vice-président et éditeur adjoint de La Presse, sur les tarifs dits "concurrentiels" qu'il prétend offrir à ses collaborateurs pigistes. Questionné sur la stagnation des cachets offerts aux pigistes depuis plus de 30 ans lors de la plénière organisée dans le cadre du dernier congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), à Québec le 3 décembre dernier, M. Cantin a prétendu que ces cachets "ont sûrement augmenté".
N'en déplaise à M. Cantin, les tarifs de La Presse n'ont pas évolué depuis plus de 30 ans; en dollars constants (compte tenu de l'inflation), ils ont dramatiquement chuté. À la fin des années 1960, La Presse produisait un magazine essentiellement rédigé par des pigistes, Perspectives, inséré dans son édition du samedi. Le tarif au feuillet offert par Perspectives était de 70$. En 2005, La Presse offre 2$ la ligne pour son édition régulière, ce qui correspond plus ou moins à 50$ le feuillet, tarif duquel il faut soustraire le ou les paragraphes qui sont parfois supprimés faute d'espace malgré l'entente préalable sur la longueur du texte entre le responsable du quotidien et le collaborateur. L'éditeur adjoint de La Presse serait-il mal informé des pratiques de son entreprise? Les membres du conseil d'administration de l'AJIQ n'ont malheureusement pu en discuter avec lui lors de l'atelier sur la pige qui a suivi la plénière puisqu'il en était absent, tout comme la majorité des patrons de presse.
L'AJIQ souhaite que la FPJQ se joigne à ses efforts pour tenir un débat sur les tarifs offerts par La Presse et obtenir une réponse honnête à une question qui nous tourmente: considérez-vous les pigistes comme des journalistes de seconde zone?
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