Rencontre avec le SPVM sur la liberté de presse

Par 22 septembre 2015Actualités

L’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) joint sa voix à celles des Journalistes canadiens pour la liberté d’expression qui s’inquiètent de constater que certaines pratiques du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) portent atteinte à la liberté de la presse lors de manifestations. Depuis 2012, plusieurs journalistes – en particulier des journalistes identifiés à des médias étudiants ou indépendants – font état de discrimination, d’intimidation et de brutalité policière.

La situation est critique : à tel point que certains journalistes hésitent désormais à se rendre sur le terrain pour rendre compte des manifestations.

En prévision de la reprise des mobilisations cet automne, il nous semblait nécessaire de faire le point avec le SPVM afin d’assurer la sécurité des journalistes qui couvrent les manifestations et de permettre aux médias de documenter sans entrave le travail de la police.

La rencontre du 21 septembre a permis d’établir les bases d’un dialogue entre le SPVM et les médias afin de dégager des lignes directrices qui permettront aux policiers et aux journalistes de faire leur travail respectif sans interférence.

Dans le contexte de la campagne en cours, L’AJIQ interpelle également les autorités publiques, tant à l’échelle municipale, provinciale que fédérale, et leur rappelle qu’elles ont le devoir de renforcer la protection des libertés fondamentales garanties par la Charte canadienne des droits et libertés, dont notamment la liberté de la presse et des autres moyens de communication, contre les enquêtes, les fouilles, les perquisitions ou les arrestations arbitraires et abusives.

L’institution policière jouit de pouvoirs et de privilèges extraordinaires, dont celui d’utiliser la force pour appliquer la loi. Dans une société libre et démocratique, les médias ont le droit et la responsabilité de veiller à ce que la police exerce ces pouvoirs avec circonspection, en particulier lors de manifestations à caractère politique.

Nous espérons sincèrement que les discussions avec le SPVM se traduiront par des changements de pratique sur le terrain lors des prochaines manifestations.